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Publié le mardi 12 novembre 2019 à 19h00min par Johanna Decorse

Ski. N’Py, nouvel outil de la Région Occitanie et de son plan montagne

La Région Occitanie et la Banque des Territoires sont entrées en juillet au capital de la société N’Py. Encore symbolique, leur participation devrait atteindre les 60% d’ici la fin de l’année. À charge pour la Sem de déployer une politique montagne à l’échelle de tout le massif.

L’hiver sera chaud pour N’Py. La société d’économie mixte qui réunit les structures supports de huit stations des Pyrénées, va vivre cette saison un changement majeur qui devrait avoir des répercussions bien au-delà de son périmètre. Choisie par la Banque des Territoires et la Région Occitanie pour déployer son plan montagne, la Sem va devoir faire la preuve que son expérience d’une gouvernance public-privé est à la hauteur pour soutenir et accélérer la stratégie quatre saisons des stations sur l’ensemble du massif.

Sur un marché du ski mature et très concurrentiel, et sous la menace du réchauffement climatique, N’Py était à la recherche d’un nouveau modèle économique depuis plusieurs années. Une étude conduite en ce sens à l’automne 2018 par la Compagnie des Alpes Management a confirmé ses inquiétudes en pointant « le risque d’un décrochage par rapport aux leaders français et étrangers du secteur, lié aux difficultés pour les collectivités de porter les investissements ». Si les stations du groupe N’Py ont mieux résisté la saison dernière avec un chiffre d’affaires de 50,8 millions d’euros en recul de 11 % contre 15 % sur l’ensemble du massif, l’érosion de leur clientèle ne fait aucun doute.

Intervention dans la durée de la Région

À la croisée des chemins pour pérenniser l’activité économique en montagne, les élus et dirigeants de N’Py et la Région Occitanie se sont trouvé des intérêts communs. En juillet dernier, la collectivité est ainsi entrée au capital de la Sem à hauteur de 7 %, tout comme la Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts et consignations. Cette prise de participation symbolique devrait atteindre les 60%, dont 30% pour le conseil régional d’ici la fin de l’année.

« Cette augmentation de capital a pour vocation de donner les moyens à N’Py de se structurer afin de pouvoir répondre à une demande sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne, au-delà de son périmètre. La Région Occitanie intervenait jusqu’à présent par le biais des subventions, elle s’inscrit désormais dans la durée en capitalisant sur l’expérience de N’Py », explique Christine Massoure, sa directrice générale.

Un outil de capitalisation

Concrètement, N’Py doit être « un outil » pour capitaliser des Sem d’exploitation en capacité de soutenir des délégations de service public (DSP), mais aussi pour accompagner la diversification des petites stations de montagne et favoriser leur commercialisation sur de nouveaux marchés. Exemple au Grand Tourmalet où une Sem capitalisée par N’Py et le Sivu du Tourmalet a candidaté pour une délégation de service public. L’issue de l’appel d’offres sera connue d’ici la fin de l’année.
Des discussions sont en cours sur d’autres sujets avec des stations d’Ariège et des Pyrénées-Orientales.

Pour répondre à la problématique du manque de lits, N’Py est également entrée au capital d’une Foncière des Pyrénées destinée à porter différents projets immobiliers dont les futurs hostels Skylodges. Le premier a ouvert en décembre 2018 à Piau-Engaly. D’autres pourraient suivre à la Mongie et à Ax-les-Thermes. D’ici cinq ans, entre la partie foncière et de futures DSP, N’Py espère pouvoir lever jusqu’à 150 millions d’euros d’investissement auprès de ses actionnaires. Elle voudrait aussi inviter à sa table de nouveaux investisseurs comme la région Nouvelle Aquitaine dont elle doit rencontrer les représentants fin novembre.
Johanna Decorse

Sur les photos : Les stations du regroupement N’Py, Peyragudes, Piau-Engaly, Grand Tourmalet, Pic du Midi, Luz-Ardiden, Cauterets, Gourette et La Pierre Saint-Martin, génèrent la moitié du chiffre d’affaires global des Pyrénées françaises. Les premières stations ouvriront leurs pistes le 30 novembre. Crédits : N’Py.

1 Commentaire

  • Le 13 novembre à 22:54 , par bassia

    Cela ressemble plus à une fuite en avant qu’à un opportunité pour le contribuable (12% de skieur) qui n’a pas le choix
    La situation ressemble beaucoup à celle du monde agricole : INVESTIR toujours et encore et ne pas voir que le modèle d’agriculture intensive n’a plus sa place sur une planète bien abîmée …
    Arrêtons le massacre à grand coup d’aménagement irréversible et prenons le temps de réfléchir TOUS autour de la table :-)

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