YOUYOU

ToulÉco

Publié le dimanche 28 janvier 2018 à 18h47min par Audrey Sommazi

Spatial. Depuis Toulouse, Comat teste son propulseur électrique pour les small satellites

La société, située près de Toulouse, conçoit et fabrique des équipements low-cost pour les micro et nano-satellites. Son moteur électrique en phase de test sera commercialisé en 2020.

Comment inventer l’espace de demain ? La miniaturisation constitue l’un des axes d’innovation majeurs de la direction des systèmes orbitaux. Comat, installée à Flourens, en Haute-Garonne, réfléchit à ce scénario depuis trois ans. Cette société, vieille de quarante ans, a décidé de s’inscrire sur ce marché en 2015 en concevant et fabriquant une gamme de produits dits propres pour le marché porteur des small satellites, encore peu concurrentiel.

« Nous voulons être moins dépendants de l’écosystème toulousain. Et ce marché offre une grande latitude pour proposer des innovations avec des solutions faciles d’accès », explique Ludovic Daudois, le dirigeant de Comat, entreprise qui appartient au groupe Agora. Pour accompagner ce changement de stratégie, l’entreprise a déjà investi 1,5 million d’euros dans l’aménagent de trois salles blanches et l’achat de deux machines d’usinage.

Cadence de production

Après une phase de R&D, la société fabrique son propulseur électrique. « Notre produit est performant et économiquement bien placé. On a pris le principe d’avoir une technologie dont on a supprimé des éléments », poursuit le directeur général, qui emploie quatre-vingt-dix personnes. En clair, ce moteur d’une durée de vie de cinq ans est délesté des vannes et des réservoirs et ne pèse pas plus d’un kilo. Ce coût de fabrication plus faible permet ainsi à Comat de baisser le prix de vente. « Oui, notre produit est low-cost », affirme le directeur général. Actuellement en phase de test, ce propulseur sera mis sur le marché en 2020.

Comat s’apprête aussi à commercialiser en 2019 des roues d’inertie qui permettent au satellite de pivoter sur lui-même, ainsi que, dans deux ans, des actuateurs (des positionneurs) pour actionner les appendices (antennes et panneaux). Comat table sur la livraison d’une centaine de pièces par an d’ici trois ans. Pour atteindre ce seuil minimum, et augmenter progressivement les cadences de production, la société s’apprête à semi-automatiser son parc de machines, en s’équipant notamment d’un procédé de fabrication additive. Un choix assorti du recrutement de trente personnes, prévient Ludovic Daudois. Cette stratégie industrielle devrait permettre à Comat de croître, passant de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires à 15 en 2022.
Audrey Sommazi

Sur la photo Ludovic Daudois, le directeur général de Comat. Crédits-DR