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Publié le dimanche 7 avril 2019 à 19h03min par Audrey Sommazi

Centre spatial universitaire de Toulouse : « Notre premier lancement vers l’ISS est prévu le 17 avril »

Le centre spatial universitaire de Toulouse s’apprête à entrer dans une phase de réalisation avec le lancement de son premier satellite Entrysat à destination de la station spatiale internationale. Explications avec sa directrice Bénédicte Escudier.

Bénédicte Escudier, qu’est ce que le Centre spatial universitaire de Toulouse ?
Il s’agit d’un groupement d’intérêt scientifique fondé en juin 2016 par huit membres partenaires : cinq universités et écoles d’ingénieurs, et trois laboratoires de recherche. A l’origine, j’en ai eu l’idée car à SupAéro, nous avions commencé à travailler sur les cubsat ( un format de nanosatellites dont la masse est comprise entre 1 et 10 kilos, NRDL). La mission du Centre spatial (CUST) est de développer et de soutenir la formation d’ingénieur en réalisant des projets concrets qui volent. Par exemple des nanosatellites et des nanosystèmes dont on peut exploiter les données techniques et scientifiques.

Vos projets sont-ils encore au stade de la théorie ?
Non, dans la filière Cubesat 3U (3 unités), notre premier projet Entrysat se concrétise. Ce satellite sera lancé le 17 avril vers la Station Spatiale Internationale avant d’être relâché en orbite assez basse autour de la terre. Dans quelques mois, l’altitude décroîtra et le satellite retombera. Il effectuera alors ce que l’on appelle une rentrée atmosphérique. Nous effectuerons des mesures de l’atmosphère et de l’intégrité de ce satellite pendant cette rentrée. Il s’agira de voir comment les matériaux du satellite évoluent sous ces effets thermiques avec l’aide de capteurs de température, de pression. Pour obtenir ces données, nous avons mis en place un système de communication avec la constellation de satellites Iridium.

Qui finance ce projet ?
Son budget global est d’un million d’euros, sachant que le lancement coûte 200.000 euros. Le Cnes, le soutient à hauteur de 500.000 euros avec son programme Janus, tout comme l’Isae-Supaero et des entreprises comme Thales Alenia Space. Et dans une moindre mesure, Airbus Defence & Space.

Est-ce que le CSUT a vocation à rester dans un cadre académique ?
Pas du tout. Nous avons crée en juin une constellation d’entreprises avec huit PME qui sont partenaires. L’objectif est d’utiliser leur coopération en termes de mécénat, de compétence, d’expertise, ou encore d’accueil de stagiaires sur des projets du CSUT. L’objectif est ainsi de créer des projets collaboratifs pour concevoir des nouveaux équipements et des sous-systèmes. Par exemple, le projet Crème, conçu par l’Onera avec les entreprises Erems, 3D plus et Trad, prévoit le développement d’un micro moniteur de radiations.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo, Bénédicte Escudier, directice du centre spatial universitaire de Toulouse, et professeur des systèmes spatiaux à SupAero. Photo Hélène Ressayres - ToulÉco.

P.S. :

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