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Publié le jeudi 12 octobre 2017 à 22h00min par Johanna Decorse

Start-up. At Home exporte son concept de Toulouse à Paris

Implantée sur deux sites à Toulouse, l’association At Home vient d’annoncer l’ouverture d’un « lieu satellite » dans le centre-ville et son installation à Paris mi-novembre. Cette communauté de jeunes entrepreneurs en pleine croissance prépare aussi son arrivée dans une capitale (...)

Créée en octobre 2015 place de la Bourse par cinq jeunes entrepreneurs, At Home rassemblait à l’époque une quinzaine de personnes. Deux ans plus tard et malgré les 850m² supplémentaires loués rue des Marchands, la communauté passée à 170 membres, commence à être à l’étroit. Habitués à « chasser en meute », « à partager leur réseau, leurs expériences » et « un culte de la croissance », ses fondateurs se sont décidés à se lancer dans une nouvelle aventure en exportant leur concept en dehors de leurs frontières.

Le 15 novembre prochain, At Home ouvrira dans le 10e arrondissement de Paris un lieu d’une capacité de 150 places, dans les anciens locaux d’une agence Pole emploi afin de suivre la croissance de ses start-up toulousaines. Cet espace sur deux niveaux, de 900m² avec jardin de 200m², douches, cuisine équipée, atrium et salle de conférence, hébergera une dizaine d’entreprises. Deux d’entre elles, Maestro, sur le créneau de l’événementiel et de la billetterie de concert et Citizen Farm, conceptrice d’aquariums-potagers, font partie des cinq structures à l’origine d’At Home.

« Notre idée est de pousser notre modèle économique et notre écosystème, d’en faire une marque, un label reconnu, à Paris mais aussi à l’international avec à l’horizon fin 2018, un lieu à Londres, Berlin ou Bruxelles, 800 personnes au total dans la communauté et 5000m² de surface sous gestion », explique Arnaud Thersiquel, président d’At Home.

Toulouse comme « camp de base »

Partout, l’association y déclinera son concept, ses codes et son organisation de travail. Ni incubateur ni espace de travail partagé, ce « laboratoire » destinés à des « PME entreprenantes », aux projets déjà structurés, accueillera les nouveaux arrivants sans formulaire d’entrée mais sous le régime de la cooptation, en les incitant à s’engager à la fois dans des « ministères » liés aux loisirs et dans des groupes métiers pour partager leur savoir.

Les partenariats tissés avec des experts-comptables, avocats ou assureurs pour répondre aux problématiques de ses hôtes pourraient déboucher d’ici trois ans sur des services communs de centre d’appels ou de RH, portés par At Home. L’étape suivante serait la création d’un fonds d’investissements pour le financement des jeunes pousses qu’elle héberge.

A Toulouse, qui restera le « camp de base » de la communauté, un premier « lieu satellite » de plus de 500m² ouvrira également mi-novembre dans l’hyper-centre. D’autres devraient suivre selon une « dynamique multisites » inspirée des Kiribatis, dans le Pacifique, en s’organisant par métier ou activité autour de l’« île mère ».

Accompagnée par la Caisse d’épargne Midi-Pyrénées, partenaire historique, At Home va consacrer 1 million d’euros sur trois ans dans son aventure parisienne, essentiellement en loyer et gestion du lieu. Cet investissement devrait être rapidement amorti par la location de ses espaces de travail, socle du modèle économique de l’association, facturé 350 euros HT par mois et par poste à Paris contre 180 euros à Toulouse.
Johanna Decorse

Sur la photo : La communauté At Home, presque au complet, rassemble pour le moment 170 membres au sein de quinze start-up qui en deux ans, ont levé entre 7 et 10 millions d’euros. Les effectifs devraient atteindre 400 personnes d’ici la fin de l’année avec l’ouverture mi-novembre de deux nouveaux lieux, à Paris et Toulouse. DR.