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Publié le jeudi 9 mai 2019 à 19h22min par Johanna Decorse

Stations de ski. Haute-Garonne Montagne investira 4,8 millions d’euros en 2019

Opérationnel depuis l’automne dernier, le syndicat mixte Haute-Garonne Montagne qui regroupe les stations de Luchon-Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil vient de voter un budget d’investissement de 4,8 millions d’euros pour la prochaine saison de ski 2019-2020.

Créé en août dernier à l’initiative du Conseil départemental pour réunir les stations de Luchon-Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil sous une même gouvernance, le syndicat mixte Haute-Garonne Montagne a voté début avril son premier budget d’investissement. L’enveloppe 2019 a été fixée à 4,8 millions d’euros.

Luchon-Superbagnères va à elle-seule bénéficier de plus de 3 millions d’euros. Plus d’1 million seront consacrés à l’aménagement de l’ancien hôtel Isard dans lequel seront notamment regroupés les locaux d’exploitation et administratifs de la station et une salle hors-sac pour l’accueil du public. La même somme sera investie dans la neige de culture pour le remplacement de la tête d’une centaine d’enneigeurs et le rajout d’une pompe dans l’usine à neige. 500.000 euros seront également injectés dans un système de billetterie automatique pour développer une offre commerciale et un forfait commun aux trois stations. Mais pour la première station du département, le plus gros est encore à venir avec le remplacement au printemps 2021 de la télécabine pour un montant de 15 millions d’euros.

20 à 23 millions d’ici 2021

Côté Mourtis, 600.000 euros seront dédiés à l’achat d’enneigeurs. La petite station de Bourg d’Oueil qui compte sept pistes et trois remontées mécaniques, bénéficiera quant à elle de 50.000 euros pour son premier canon à neige.
Au final, après avoir épongé quelque 3 millions d’euros de pertes en 2018, Haute-Garonne Montagne a prévu d’investir 20 à 23 millions d’euros d’ici 2021 qu’il espère voir abonder par l’État, la Région et l’Europe.

Initié pour « sauver les trois stations de Haute-Garonne et les faire vivre ensemble », le syndicat mixte qui compte vingt-trois salariés permanents, est composé à hauteur de 80 % du Conseil départemental qui assure 80 % de leur financement (soit 2 millions d’euros en 2019). La communauté de communes des Pyrénées haut-garonnaises et un collège de sept communes dont Bagnères-de-Luchon, prennent en charge collectivement les 20 % restants de la gouvernance et du financement. Pour sa première saison de gestion, Haute-Garonne Montagne a dû faire face à une météo défavorable qui a retardé l’ouverture des stations et fait reculer le chiffre d’affaires de 20 % par rapport à 2017/2018.

Vers une offre quatre saisons

Les enjeux climatiques et la baisse globale de la fréquentation dans tous les massifs conduisent les stations haut-garonnaises à développer elle aussi une stratégie de diversification pour sortir du tout ski. Une étude « quatre saisons » menée par le Département devrait donner lieu à la présentation cette année d’un Projet de territoire accompagné d’autres investissements.

De son côté, le syndicat mixte, après une « saison d’observation », a plus de huit mois pour « améliorer son organisation et son efficacité ». « Un lourd travail administratif a été fait par le Conseil départemental pour la création du syndicat mixte. Nous allons dès la saison prochaine entrer dans la phase opérationnelle et technique pour offrir un meilleur service aux clients », explique Hervé Pounau, directeur général de Haute-Garonne Montagne. « Nous devons améliorer les conditions de travail en renouvelant certains équipements spécifiques et l’organisation avec sans doute des compétences à recruter ou à former. La saison prochaine sera l’année du véritable démarrage ».
Johanna Decorse

Sur la photo : Vue de la station de Superbagnères. Crédits : Aurelien Ferreira - CD31}

P.S. :

Peyragudes, à cheval sur la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, sera associée à la démarche du Conseil départemental mais dans un second temps. La Semap qui gérait la station depuis trente ans, a été remplacée en novembre dernier par une société publique locale (SPL) que le syndicat mixte Haute-Garonne Montagne devrait intégrer durant l’été 2019. D’ici là, la station aura avancé dans le financement de son plan quatre saisons pour sortir du tout ski et développer une offre été/hiver dont le nouvel ascenseur valléen Skyvall, opérationnel en juillet, sera l’un des principaux outils. Peyragudes s’est fixé de lever 30 millions sur dix ans pour financer sa mutation.