ToulÉco

Publié le jeudi 1er août 2019 à 19h00min par Rémy Gaubert

Recherche. Toulouse White Biotechnologie fourmille de projets

article diffusé le 9 avril 2019

Et si Toulouse White Biotechnologie détenait la clé d’un modèle économique viable pour les structures de recherche ? Conforté par de bons résultats, le consortium toulousain cherche désormais à étendre son réseau et ses compétences à l’international.

« L’année 2018 annonce la fin de la première phase de développement. L’enjeu est la pérennisation, avant d’attaquer une deuxième phase de croissance », explique le directeur et fondateur Pierre Monsan avant de poursuivre. « TWB est une structure publique, mais elle fonctionne comme une entreprise ». Fait rare pour une structure de recherche, elle affiche un résultat net positif de 740.000 euros, pour un chiffre d’affaires annuel de 8 millions d’euros. Sur sept ans, près de 5 millions d’euros de bénéfices ont ainsi été générés.

Le consortium sous la triple tutelle de l’Inra, de l’Insa et du CNRS est un producteur de solutions biotechnologiques dites « blanches », c’est-à-dire destinées à la chimie fine. Il permet par exemple la transformation de certains acides gras en biocarburants, un procédé qui intéresse de plus en plus les industriels. Autre exemple, le projet Adisseo abouti en 2018. « Il a permis un changement de procédé dans la création d’une molécule destinée à l’alimentation animale, avec une augmentation du rendement », détaille Pierre Monsan.

Devenir un acteur international

Face à l’enjeu sensible de la propriété intellectuelle Pierre Monsan ne tergiverse pas. « Nous avons pour principe de laisser la propriété intellectuelle aux industriels lors d’une collaboration ». L’organisme fonctionne grâce à des rémunérations tarifaires par projet et sur des « primes de succès » établies au préalable.

L’organisme compte de nombreux partenaires institutionnels avec la région Occitanie ou encore Bpifrance. Mais il s’est fixé pour objectif d’« être autofinancé d’ici 2025 », d’après son directeur exécutif Olivier Rolland. S’il ne veut pas se détacher complètement des acteurs publics pour autant, la direction « préfère laisser le financement public pour des investissements ponctuels, par exemple pour l’achat d’une nouvelle machine ». Aujourd’hui le consortium est financé à 60% par les industriels. Le reste est issu de financements publics.

Pour TWB, la prochaine étape est de se tourner vers l’international. « Il n’existe pas d’acteur européen majeur dans notre secteur », explique Olivier Rolland. Ainsi le laboratoire projette un regroupement international d’infrastructures de recherche sous une même bannière. Baptisée Ibisba, celle-ci est déjà présélectionnée pour être labellisée par les instances européennes.
Rémy Gaubert

Sur la photo : Le directeur exécutif Olivier Rolland (à droite) en compagnie du directeur-fondateur de TWB Pierre Monsan. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

P.S. :

TWB déménagera fin 2020 dans ses nouveaux locaux près de l’Insa Toulouse. Le complexe doublera de surface par rapport au centre actuel de Labège. Le projet, qui a coûté 6,5 millions d’euros, comprend aussi un complexe de recherche en biotechnologie de 15.000 m².