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Publié le mercredi 20 juin 2018 à 18h37min par Gaëlle Perret

Teréga, ex-TIGF, veut inventer le gaz du futur

Dossier spécial Géosciences 2/5

Teréga, ex TIGF, l’entreprise gazière emploie plus de 400 personnes dans le Béarn. Alors que le gaz aurait les atouts nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique, comment Teréga se positionne en tant qu’acteur de la transition énergétique ?

Pour les experts de Teréga, le constat est simple : la production d’électricité, notamment renouvelable, ne coïncide pas avec sa consommation. Que faire alors de l’énergie électrique excédentaire ? Les infrastructures de Teréga assurent un service d’équilibrage aux réseaux électriques grâce à la technologie Power To Gas, permettant de transformer des excédents d’énergie électrique en hydrogène via une électrolyse de l’eau. « Nous devons valoriser le système existant et nos savoir-faire en ne nous limitant pas au gaz naturel. Nous pouvons transporter et stocker de l’hydrogène produit par électrolyse. Il pourra ainsi être consommé plus tard avec une maintenance et des surcoûts associés faibles », explique Pierre Chiquet, responsable du service Géosciences au département Exploitation Stockage.

Teréga s’investit largement aussi dans la filière biométhane en encourageant le raccordement d’unités à son réseau, comme celle de Biovilleunevois (Villeneuve-sur-Lot) mise en production en 2015. Une source de croissance pour l’entreprise, mais surtout une manière d’accompagner la transition énergétique. Cet engagement s’est aussi traduit par une participation active au Groupe de Travail national (GT Méthanisation) initié par le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu en ce début d’année.

Teréga mise sur le biométhane

Teréga qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 471 millions d’euros finance des études bibliographiques ou techniques comme par exemple le projet RINGS qui a pour objectif de définir les meilleurs mélanges acceptables dans les stockages en termes de nouveaux gaz. Par ailleurs, Teréga propose d’assister les porteurs de projets lors des réunions publiques ainsi que des solutions de financement pour le poste d’injection et le raccordement à son réseau. Fort de son implantation paloise, Teréga s’appuie sur des équipes de recherche locales, comme les laboratoires de recherche de l’Université de Pau : LCABIE est spécialisé dans l’analyse compositionnelle du gaz, l’équipe de microbiologie EEM étudie la flore bactérienne des stockages ou le LATEP qui reconstitue les équilibres eau / gaz / bactéries grâce à des simulation à petites échelles.

Il y aussi MODIS (ex Euro Engineering) installé sur Hélioparc qui conçoit des échantillonneurs d’eau de fond de puits. « Ils capturent et conservent les bactéries du stockage souterrain, en évitant toute contamination avec les bactéries de surface, ce qui permet d’étudier en laboratoire le comportement de colonies pures », précise Pierre Chiquet.

Teréga s’applique à favoriser la transition énergétique, en accompagnant et anticipant le développement et l’intégration de ces nouveaux gaz, et ce, en orientant la recherche et en informant le législateur en amont. « Nous sommes dans l’anticipation pour être certains d’opérer dans les meilleures conditions de sécurité. Notre objectif est de faire en sorte d’avoir un impact nul voire positif sur notre environnement », conclut Pierre Chiquet.
Gaëlle Perret

Sur les photos
En haut : Teréga, ex-TIGF, est historiquement implanté dans le sud-ouest notamment à Pau et le Béarn.

En bas : Dans le Béarn Teréga fait travailler plus de 400 personnes. Crédits : DR

Rebaptisé Téréga, l’ex-TIGF se positionne comme un accélérateur de la transition énergétique. Ce nouveau nom « évoque à la fois les territoires sur lesquels nous opérons, les réseaux que nous développons et bien sûr le gaz, énergie clé de la transition énergétique » souligne Dominique Mockly, PDG de Teréga.
Implantée historiquement dans la région sud-ouest, Teréga dispose de plus de 5000 km de canalisation, soit 16% du réseau de transport de gaz français et de deux stockages souterrains, soit 24 % des capacités de stockage nationales. Répondant à ses obligations de service public, Teréga assure l’acheminement du gaz naturel
 à destination de plus de 400 postes de livraison.