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Publié le mercredi 4 juillet 2018 à 21h47min par Anne-Isabelle Six

Terra Hominis invente le « crowdfunding » autour d’un verre de vin

Terra Hominis a inventé le financement participatif de vignobles. Aussi attentive à l’humain qu’au bon vin, la société se développe à partir de ses terres de Boujan-sur-Libron.

Si vous aimez plus l’argent que les hommes et le vin, merci de passer votre chemin… » Sur son site internet, Terra Hominis annonce la couleur. Certes, l’entreprise, dont le nom a été soufflé par une dame de 76 ans autour d’un bon verre, exerce bien une activité commerciale, affichant le financement de soixante-quinze hectares de vignobles, la réalisation de quatorze projets en sept ans d’existence, avec cinq projets en cours.

Mais l’essentiel est ailleurs. Il réside ,dans cette communauté de 1400 associés qu’elle a su fédérer grâce au crowdfunding autour du vin, avec l’objectif de financer l’achat de domaines viticoles dans l’Aude et l’Hérault pour y installer des vignerons passionnés. En échange d’un investissement (plafonné à 2500 euros), l’amateur éclairé et passionné obtient chaque année 4,5 % de rendement en… bouteilles, peut venir vendanger son vin, voir travailler le vigneron qu’il aura contribué à aider, et pourra transmettre ses parts à ses enfants. Car chez Terra Hominis, le graal n’est pas spéculatif, il est affectif, sensoriel, presque poétique. Devant une telle promesse, les volontaires, plutôt des hommes de plus de 50 ans et des CSP +, se bousculent.

De la terre au bruit du bouchon de la bouteile qu’on débouche

Résultat : ce sont eux, les investisseurs, qui passent un casting ! Ne sont retenus que ceux qui aiment la vie, ont le goût des autres. Comprenez le partage, le vin, le rugby, la voile, les livres, la cuisine, les amis… « Un vin modeste devient un grand vin si vous le partagez avec des copains », estime Ludovic Aventin. À 48 ans, le fondateur de Terra Hominis, caviste ayant fait fortune à Rouen, a réalisé son rêve : « Je voulais créer mon vignoble, partir de la terre pour aller jusqu’au son d’une bouteille que l’on débouche. » Le Normand a choisi de s’implanter en Languedoc, région qui lui a procuré « beaucoup d’émotions  ». Son premier bébé s’appelait Mas Angel à Faugères.

Depuis, tout prend sens : les sept salariés de Terra Hominis sont d’anciens associés. Un temps hébergée par Innovosud, la pépinière d’entreprises de l’Agglomération de Béziers, la société dédiée au bon vivre s’est installée, comme il se doit, dans une maison vigneronne de 160 m², à Boujan-surLibron. Elle a noué un partenariat avec la Safer et avec Cerfrance, le plus gros cabinet d’expertise comptable spécialisé dans l’agricole. Son club dégustation Épicure devient national (Béziers, Montpellier, Lyon, Paris, Bordeaux, Côte d’Azur, Rouen, Toulouse, Vosges, Nancy, Clermont-Ferrand, Nantes, Angers…). Elle a initié un club de rugby, Le 16e homme, ainsi qu’un club de plaisance avec son propre bateau. Et ses assemblées générales se font, cela va sans dire, dans les vignes et surtout dans la joie.
Anne-Isabelle Six

Sur la photo : Ludovic Aventin, dirigeant-fondateur de Terra « Hominis à Boujan-sur-Libron. Crédits : DR