ToulÉco

Publié le dimanche 27 août 2017 à 19h30min par Audrey Sommazi

Depuis Toulouse, Thales Alenia Space vise l’orbite industrielle

article diffusé le 22 juin 2017

Thales Alenia Space a mis sur orbite une dizaine de satellites supplémentaires appartenant à la constellation Iridium next. D’ici 2018, ce sont 81 satellites conçus pour partie à Toulouse et servant aux télécommunications qui rejoindront l’espace.

Thales Alenia Space est dans les étoiles. Malgré un retard de neuf mois, dix satellites nouvelle génération développés et fabriqués par TAS, assemblés à Phoenix et mis sur orbite par la fusée SpaceX Falcon 9 ont été lancés le 14 janvier dernier depuis Vandenberg en Californie. Objectif : le remplacement total de l’unique constellation de satellites fournissant une couverture de communications 100% mondiale.

« Iridium next est la plus grosse constellation du monde et nous en sommes très fiers », se félicite Albert Cerro, directeur de TAS Toulouse, qui rappelle, ravi, que le groupe franco-italien, composé de Thales (67%) et de Leonardo (33%), avait remporté ce contrat de 1,7 milliard d’euros au nez de l’américain Lockheed Martin en 2010.

« Chaque satellite lancé s’est très bien inséré dans la constellation existante, vieille de dix-neuf ans », assure Albert Cerro. « Leur intégration n’a provoqué aucune interruption de service pour le client Iridium Communications. »
Un sacré soulagement pour le maître d’oeuvre d’Iridium next qui relève ainsi un défi technique industriel. Et, le 25 juin, une nouvelle grappe de dix satellites a suivi la même trajectoire dans l’espace, puis dix autres viendront en septembre et en décembre.

Dans le cadre de ce programme qui prévoit la fabrication de quatre-vingt-et-un satellites et leur lancement jusqu’en 2018, les équipes toulousaines sont mises à contribution. Entre 400 à 450 salariés, sur les 2600 employés du site toulousain spécialisé dans la conception et le développement des charges utiles, ont conçu le design du système de l’antenne active.

Connectivité dans les avions

Thales Alenia Space, qui compte rester parmi les leaders mondiaux de la construction de satellites, augmente son budget de R&D de 40% en deux ans et mise sur l’innovation pour prendre des marchés notamment à son unique concurrent sur le sol européen, Airbus Defence and Space.

Dans cette perspective, le groupe intègre une charge utile nouvelle génération entièrement numérique dans le satellite SES-17 pour l’opérateur SES, capable d’offrir un débit internet dans les avions dès 2020 ou 2021. « On augmente la part du digital à bord des satellites. Ce qui est une véritable révolution pour nous », affirme le directeur régional. « Nous travaillons aussi sur la réalité augmentée ». Ainsi que des nouvelles technologies de production, dont des pièces imprimées en 3D.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Un salarié toulousain planche sur le programme Iridium next. A terme une cinquantaine de satellites sur les 81 prévus est être mise sur orbite de la constellation. Crédits : ©Cedric Sansom