ToulÉco

Publié le dimanche 12 mai 2019 à 20h05min par Martin Venzal

Thierry Ravot : « Avec la Banque des Territoires, l’argent des Occitans reste en Occitanie »

Donner de la marge de manœuvre aux élus locaux dans leurs projets foncier, et continuer à assurer des missions d’aménagement du territoire, par exemple en modernisant les réseaux. La discrète Banque des Territoires a injecté l’an dernier pour 1,25 milliard d’euros de prêts en (...)

Un an après son lancement, la Banque des Territoires fait le point sur son action en région Occitanie. L’activité de cette filiale de la Caisse des dépôts y a été dynamique, accompagnant l’économique locale. « La Banque des territoires a été constituée pour renforcer notre proximité avec les acteurs locaux afin d’avoir des territoires plus connectés, plus durables, plus inclusifs et plus attractifs », rappelle le directeur régional Thierry Ravot. « Ceci nous a permis d’accompagner des projets essentiels, à commencer par le financement de la construction de 9600 logements sociaux neufs et de la réhabilitation de 9200 logements sociaux et places d’hébergements. »

En 2018, quoiqu’en baisse, les actions de la Banque des Territoires ont représenté 1,25 milliard d’euros de prêts signés et 57,3 millions d’euros d’investissements en fonds propres. Les encours en dépôts et consignations se sont établis à 4 milliards d’euros. Rappelons que la Banque des Territoires tire sa force de frappe des encours du Livret A, avec une règle simple : « L’argent des Occitans reste en Occitanie, et nous traitons tous nos clients de la même façon, de la petite commune au fin fond de l’Aveyron aux métropoles de Montpellier et de Toulouse », poursuit Thierry Ravot. « le Livret A est depuis longtemps le premier crowfunding des Français. »

« Redonner de la marge de manœuvre aux communes et aux bailleurs sociaux »

Parmi les priorités engagées figurent notamment le financement des opérations foncières et immobilières. La durée des prêts vont ainsi passer de soixante à quatre-vingt ans. « L’Occitanie est un territoire où le prix du foncier augmente du fait de la demande. Le but de cet allongement est de rendre l’acquisition et le portage de la dette très soutenable, et donc de redonner de la marge de manœuvre aux communes et aux bailleurs sociaux », poursuit Thierry Ravot. « Un bailleur social qui a envie de faire des réserves foncières peut ainsi se projeter à un horizon de dix à quinze ans en anticipant une envolée des prix du foncier. »

Autre action phare, celui de la rénovation urbaine. Celle-ci passe par la réhabilitation de quartiers dits cœur de villes dans des villes moyennes (vingt-cinq communes engagées en Occitanie), la rénovation des canalisations d’eau potable, où les fuites peuvent encore représenter jusqu’à 40% de la facture finale, ou encore l’investissement dans des réseaux d’énergie renouvelables (quartier Eureka à Monptellier, réseau de chaleur bois à Saint-Afrique, etc.). La banque des territoires souhaite à chaque fois se positionner en amont des opérations car son intervention rassure les investisseurs. « Chaque euro engagé par la Banque des territoires génère un effet levier de 10 euros supplémentaire », conclut Thierry Ravot.
M.V.

Sur la photo : Thierry Ravot, directeur de la Caisse des dépôts et consignations. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco