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Publié le mercredi 5 avril 2017 à 19h18min par Armelle Parion

Toulouse 1 Capitole : une bonne santé financière toute relative

La seule des universités toulousaines à avoir la dévolution du patrimoine jouit d’une bonne santé financière. Mais face à un déficit de 200 emplois et à l’augmentation des coûts, elle doit diversifier ses ressources propres.

Malgré 70 emplois pourvus sur cinq ans, grâce à la loi Fioraso, la présidente de Toulouse 1 Capitole Corinne Mascala pointe un déficit de 200 emplois, personnel administratif et enseignants-chercheurs confondus. Avec une dotation de l’Etat de 88 millions d’euros, et un budget total prévisionnel de 109 millions d’euros, en 2017, l’université du centre-ville affiche des moyens stables. « Mais les coûts augmentent, notamment celui de la masse salariale (+1,6% cette année). Notre léger excédent nous laisse une marge de manœuvre faible ».

L’Ecole d’Economie de Toulouse (TSE), composante parmi les autres, gonfle son budget, en étant adossée à la fondation Jean-Jacques Laffont. La particularité d’UT 1 Capitole est d’être propriétaire depuis 2011 de ses bâtiments (comme Clermont-Ferrand et Poitiers). Elle bénéficie d’un budget spécifique de l’Etat de 5 millions d’euros, dédié à leur entretien. « C’est une chance, car nous avons déjà pu rénover six de nos neuf amphithéâtres, ainsi que le hall de l’Arsenal et la salle Marty », assure Corinne Mascala. L’université devrait injecter environ 20 millions d’euros dans les bâtiments tout neufs de l’Ecole d’économie, dont la livraison est prévue fin 2018.

Elle prévoit également d’acheter le parking de la cité administrative, et d’y aménager des équipements sportifs et de santé, et des locaux pour la formation continue.

Formation continue et contrats de recherche

Pour se maintenir en bonne santé financière, l’université Capitole, depuis la loi sur l’autonomie, doit développer ses ressources propres. Face à la chute des recettes de la taxe d’apprentissage, la principale manne réside dans la formation continue (34% des ressources propres soit 5,5 millions d’euros). Parmi les nouveaux leviers, on compte aussi les contrats de recherche.

« Pour inciter les chercheurs à répondre aux appels d’offre, il est indispensable de muscler nos services pour le montage des dossiers. Nous visons également le développement des chaires dans des secteurs innovants, comme la chaire Sirius, mise en place avec TBS et de grands industriels du spatial. » Le budget actuel est insuffisant pour créer de nouvelles formations. La présidente déplore aussi le fait que le renforcement de la sécurité des bâtiments imposé par l’état d’urgence (300.000 euros par an) incombe à l’université. « L’université Toulouse 1 Capitole est loin d’être à plaindre. La dévolution du patrimoine et le poids de la formation continue, très supérieur à la moyenne nationale, ont un impact positif. Mais il faudrait un réengagement de l’État », tempère de son côté Thomas Martin-Dimichele, délégué général de l’Association générale étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP), syndicat majoritaire à UT1.
Armelle Parion

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