ToulÉco

Publié le jeudi 9 février 2017 à 18h42min par Audrey Sommazi

Toulouse. Cap sur Mars pour sept apprentis astronautes de Supaéro

Du 11 février au 5 mars, six élèves et un jeune ingénieur de Supaéro vont simuler une mission martienne dans le désert de l’Utah. Outre la gestion d’une situation d’isolement et de confinement, ils vont mener une série d’expériences.

C’est de la science (fiction). Alors qu’en 2000 le réalisateur Brian de Palma filmait une équipe d’astronautes en mission sur Mars, 17 ans plus tard c’est au tour de six étudiants et d’un ingénieur de l’école Supaéro de Toulouse d’embarquer sur cette planète. Enfin presque.

Car l’équipe va simuler la vie sur Mars, depuis l’Utah. Dans cette zone, le sol rouge est géologiquement proche de la planète et les températures fraîches, jusqu’à -15 degrés la nuit. « Notre objectif est d’approcher le métier d’astronaute, qui nous fait rêver, et d’apporter notre grain de sable scientifique à l’exploration de la vie sur Mars », explique Victoria Da-Poian étudiante en mission.Les données recueillies par les élèves seront utilisées par les agences spatiales comme la NASA, pour préparer les futures missions habitées sur Mars.

Ainsi, du 11 février au 5 mars, ces apprentis astronautes se mettent en situation réelle. Ils vont séjourner dans un habitacle cylindrique de huit mètres de diamètre sur deux étages de la Mars Desert Research Station et vont mener un programme chargé, sans répit.

« On se lèvera à 7h pour pratiquer quelques exercices sportifs avant de prendre le petit- déjeuner ensemble. C’est impératif pour la cohésion et le moral, poursuit Victoria Da-Poian. Ensuite,à 9h, l’un d’entre nous partira en mission, tandis que les autres prépareront le repas avec de la nourriture lyophilisée que nous prendrons en commun. L’après midi sera consacré à la rédaction des rapports en français et en anglais pour l’école et nos partenaires ». Car cette mission, dont la location de l’habitacle s’élève à 6000 euros, est financée par Supaéro, le Cnes et des entreprises.

Un potager intelligent à bord

Ainsi, durant ces trois semaines les étudiants confinés, coupés du monde, sans téléphone, et avec une connexion internet très limitée, vont devoir apprendre à gérer leur consommation d’eau ( deux douches par semaine). Mais pas seulement, ils vont aussi mettre en pratique une batterie d’expériences. Lors de sorties extravéhiculaires d’une durée de quatre heures, les élèves, équipés d’un casque, d’une combinaison et d’un sac à dos (poids total de six kg), vont tour à tour effectuer des tests. Mouâdh Bouayad, l’astronome du groupe, va observer la nébuleuse d’Orion pour la prendre en photo et mesurer l’activité de la croûte terrestre.

Victoria Da-Poian, la biologiste, va installer un potager d’intérieur intelligent, connecté et autonome. Et attendre que laitue et roquette, dont les graines sont plantées dans des molécules de terre, poussent avec un peu d’eau. Simon Bouriat, le médecin, va mener un programme en lien avec la Nasa pour mesurer l’humeur des astronautes en notant les phases de fatigue et de sommeil, notamment.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Simon Bouriat, Victoria Da-Poian et Mouâdh Bouayad, trois des sept membres de l’équipage de Supaéro, s’apprêtent à simuler la vie sur Mars, depuis l’Utah. Photos Rémy Gabalda - ToulÉco