ToulÉco

Publié le lundi 24 juin 2019 à 19h08min par Audrey Sommazi

Toulouse. En colère, les salariés du cinéma UGC saisissent la justice

Alors que le cinéma UGC ferme ses portes début juillet, une dizaine de salariés dénoncent les conditions de vente de ce complexe et jugent le PSE « insuffisant ». La direction garde le silence.

La pilule est amère. Elle ne passe pas pour les salariés de l’UGC, allées Franklin-Roosevelt à Toulouse. Début juillet, probablement le mercredi, le cinéma éteindra définitivement les lumières de ses salles obscures et supprimera dans la foulée dix-huit postes. Quatre salariés ont accepté d’être mutés dans un autre cinéma UGC Ciné Cité. Une dizaine a saisi un avocat pour contester le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) négocié entre la direction et les syndicats, puis validé par la Direccte lundi 17 juin.

« Nous ne sommes pas d’accord ni avec le PSE que l’on juge insuffisant, car il ne garantit en rien notre reclassement à Montaudran ( dans ce quartier, UGC ouvrira un cinéma de sept salles début 2021, NDLR), ni surtout avec le motif économique avancé par l’UGC pour nous licencier », explique Romain Maillé. Autre grief pour ce délégué du personnel employé depuis sept ans : « On dénonce le manque d’information de la part de la direction, son opacité. Elle a joué la montre ».

Pour comprendre, remontons le temps. En mars dernier, l’équipe est informée de la fermeture de ce cinéma de neuf salles, ouvert en 1976. Sans plus d’indications sur la date. « La seule certitude concernant la cession des locaux est que les repreneurs n’exploiteraient pas le cinéma. Nos emplois étaient par conséquent en voie d’être supprimés », indique les salariés dans un communiqué de presse commun.

23 millions d’euros déboursés pour le rachat

S’ensuit alors une série de réunions de négociations dans le cadre de la mise en place du PSE. « Au cours de l’une d’entre elles, on apprend qu’une offre de rachat des locaux a été déposée que "le cinéma ne pouvait pas refuser" selon les propres termes de l’employeur. Il s’agissait d’une aubaine, nous dit-on. Or, nous apprenons par voie de presse que c’est le groupe qui avait déposé un appel d’offre pour la cession du bâtiment. Ce qui en totale contradiction avec ce qu’il nous disait en interne », s’indigne le porte-parole du personnel qui estime que le motif de licenciement économique n’est pas alors fondé.
« Devant l’offre intéressante, le groupe s’est débarrassé de cette épine dans le pied », avance Romain Maillé. « Pourtant, le cinéma n’est pas déficitaire. Mais, il aurait fallu investir beaucoup d’argent pour rendre ce cinéma concurrentiel face au Gaumont, place Wilson. »

En mai dernier, l’ancien Théâtre des Variétés, édifié entre 1836 et 1837 sous la direction de l’architecte en chef de la ville Urbain Vitry, a été vendu à Caso Patrimoine. Cette foncière toulousaine a mis sur la table 23 millions d’euros pour racheter l’établissement reconnaissable depuis la rue avec sa façade blanche de style Art déco.
Contactée à plusieurs reprises par ToulÉco, la direction du cinéma toulousain n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Audrey Sommazi

Sur la photo : le cinéma UGC, allées Roosevelt à Toulouse. Crédits : Jonathan Gaudron - ToulÉco.

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