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Publié le jeudi 27 juin 2019 à 19h29min par Armelle Parion

Toulouse. La Cité de la santé va faire renaître le site de la Grave

La Cité de la santé vient de s’installer dans les bâtiments de l’ancienne cour de la maternité de la Grave . Ce nouvel espace est dédié à la prévention, à l’éducation thérapeutique et à la prise en charge des personnes vulnérables. Il abritera aussi de l’habitat.

Nom de code : Cité de la Santé. Cette nouvelle unité de soins du CHU de Toulouse, désormais située dans les bâtiments de l’ancienne cour de la maternité de la Grave, abrite une grande partie des anciennes activités de l’Institut Claudius Regaud.

Ainsi la Cité de la santé met l’accent sur la prévention, en lien avec les associations de santé et la médecine libérale. Elle perpétue la vocation hospitalière de ce site emblématique du patrimoine toulousain, jouxtant la Garonne, et qui eut plusieurs vies. Au Moyen-Age, il était dédié à l’isolement des pestiférés, puis au XVIIe siècle, ce fut un hospice où l’on enfermait les populations misérables (mendiants, prostituées, mères seuls, patients atteints de folie…), avant de devenir un hôpital et une maternité et d’abriter un service de gériatrie. La maternité a rejoint Paule de Viguier dans les bâtiments plus modernes de Purpan, tandis que les personnes âgées sont accueillies depuis 2010 à l’hôpital Garonne.

Treize millions d’euros de travaux et un appel au mécénat

Il aura fallu près de deux ans pour rénover les 4000 m² de bâtiments, qui s’étalent sur quatre ailes et trois niveaux, et abritent désormais sept services ambulatoires : le centre de santé sexuelle, la Permanence d’accès aux soins de santé (Pass) réservée à l’accompagnement médico-psycho-social des personnes en situation de précarité, l’espace régional d’éthique d’Occitanie, les activités ambulatoires du gérontopole (consultations de mémoire, dépistage des fragilités et de la maladie d’Alzheimer, recherche clinique, équipe régionale vieillissement et prévention de la dépendance), la maison médicale de garde, le centre d’éducation thérapeutique Jean-Pierre Tauber, et enfin l’Institut régional d’éducation et de promotion de la santé Occitanie (Ireps).

Les travaux ont coûté 13 millions d’euros, auxquels s’ajoutent des frais de rénovation externe liés au caractère classé du bâtiment, à hauteur de cinq millions d’euros. Le CHU a sollicité des subventions et du mécénat pour cette partie.

Offre de santé globale, au cœur de la ville

« La Cité de la santé confirme les engagements du CHU de maintenir une offre de santé au cœur de la ville et symbolise l’évolution de la médecine, plus seulement tournée vers le diagnostic et le traitement. Elle répond à la volonté d’offrir une réponse globale de santé », affirme Marc Penaud, le directeur général du CHU de Toulouse.
Mais pour les associations locales, tout n’est pas rose. Réunies au sein du collectif de défense de la Grave et mobilisées depuis six mois, elles estiment que « la rénovation des bâtiments n’a pas été bien pensée en termes de fonctionnalité ». « Il manque de l’espace pour assurer la prévention dans des conditions efficaces », glisse Guy Molinié, d’Act Up Sud-ouest. Le collectif déplore par ailleurs la vente d’une partie du site aux promoteurs, et l’installation programmée de logements de luxe Kaufman & Broad. Des habitations qui devront composer avec de la mixité et notamment de l’habitat social (lire ci-dessous).
Armelle Parion.

Sur la photo : la Cité de la Santé a nécessité 13 millions d’euros. Crédits : Jonathan Gaudron - ToulÉco

La Cité de la santé adossée à deux autres volets :

- > Un projet culturel baptisé la Cité des arts, pas encore chiffré mais probablement dédié aux arts plastiques. Abrité sous le dôme de la Grave (la partie patrimoniale du site, abritant la chapelle Saint-Joseph, dont la rénovation est chiffrée à 3,8 millions d’euros), il ne pourra démarrer qu’après l’établissement du nouveau Plan de prévention du risque inondation (PPRI) prévu en 2021. Une concertation citoyenne est lancée le 26 juin, pour recueillir les avis des habitants du quartier Saint-Cyprien et de tous les Toulousains.

- > Un projet immobilier, qui fait grincer des dents le collectif de défense de la Grave, malgré les promesses du maire de Toulouse de réserver 55% des logements à de l’habitat social ou à prix maîtrisés. Les associations craignent aussi que l’avenir des activités de soin ne soit compromis, à l’issue du projet d’établissement du CHU en 2022.