ToulÉco

Publié le jeudi 24 novembre 2016 à 19h13min par Johanna Decorse

Toulouse. La grogne monte chez le personnel de Fram

deuxième édition le 24 novembre à 21h15

C’est la fin de la lune de miel entre les salariés du voyagiste toulousain Fram et leur nouveau patron. LBO France, qui a repris l’entreprise il y a un an, se heurte sur des questions sociales au refus du personnel, descendu ce jeudi dans la rue.

Un an après le rachat de Fram par LBO France, quelque 150 salariés du voyagiste toulousain ont observé jeudi 24 novembre une demi-journée de grève pour dénoncer une situation sociale qu’ils décrivent comme « insupportable ». Le 25 novembre 2015, LBO France, actionnaire de référence du groupe Karavel Promovacances, avait été choisi par le tribunal de commerce de Toulouse pour reprendre le voyagiste toulousain Fram, en redressement judiciaire. LBO France avait alors mis sur la table 10 millions d’euros pour ce rachat, incluant la reprise de 429 salariés sur 650.

A l’époque, la plupart des salariés s’étaient dits « soulagés » et « satisfaits » du choix du tribunal qui permettait de « limiter la casse ». Ils en sont manifestement revenus. « Un an après, le bilan est amer pour les salariés, et les actes n’ont pas suivi les promesses qui leur ont été faites », explique l’intersyndicale FO, CGT, CFDT qui a appelé à la grève. « Ils se sont adaptés à leur nouvelle entreprise, ils ont ajusté leurs missions, réalisé de nombreuses heures supplémentaires non rémunérées dans un contexte de désorganisation totale de l’entreprise. Mais plusieurs d’entre eux ont, depuis, quitté l’entreprise. »

Pertes de salaire

Malgré leurs « efforts » pour aider au redressement de Fram, le voyagiste reste toujours lourdement endetté. Les salariés qui expliquent avoir notamment renoncé aux tickets restaurant, à la prise en charge des trois jours de carence en cas d’arrêt maladie, refusent le projet de la direction qui selon eux veut les obliger à renoncer à un accord sur les 35 heures qui leur ferait perdre plus de 10 heures de rémunération, et jusqu’à 300 euros net mensuels.

« C’est inacceptable de toucher à la rémunération des collaborateurs (…) Nous ne pouvons être tenus pour seuls responsables de l’échec des dirigeants de Karavel à relancer Fram », expliquent les syndicats. Tout en disant « comprendre » les préoccupations des salariés, le président de Fram, Alain De Mendonça indique que « la situation financière du voyagiste justifie ces efforts ».

« Fram va perdre 20 millions d’euros cette année et en a perdu autant l’année dernière. Il subit tous les effets liés aux attentats et a vu l’arrivée de nouveaux business modèles. Nous avons besoin de nous adapter pour faire face aux nouvelles concurrences », a déclaré le dirigeant à ToulÉco. Concernant la remise en cause de l’accord sur les 35 heures, effective au 1er janvier 2017, Alain De Mendonça assure avoir fait des propositions de compensation pour les bas salaires que les syndicats auraient refusées. L’heure est donc au statu quo…
Johanna Decorse

Sur la photo : Les salariés de Fram ont manifesté ce jeudi 24 novembre à Toulouse pour dénoncer une situation sociale « insupportable ». Photo Rémy Gabalda - ToulÉco