ToulÉco

Publié le lundi 3 décembre 2018 à 20h47min par Philippe Font

Toulouse. La mobilisation des gilets jaunes perdure, artisans et commerçants s’inquiètent pour leur activité

Alors que le mouvement des « gilets jaunes » entre dans sa troisième semaine, les acteurs économiques toulousains commencent à percevoir les premières conséquences sur leur activité économique.

Trois semaines après le début du mouvement des gilets jaunes, la situation se tend à Toulouse et en Haute-Garonne. Dans les rangs des professionnels et des acteurs économiques, c’est un sentiment mêlant inquiétude et exaspération qui prédomine. « Les commerçants et artisans comprennent les revendications des gilets jaunes, car eux aussi sont touchés par la hausse des taxes quand ils passent à la pompe notamment. Certains artisans se retrouvent dans la manifestation car ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts », explique Vincent Aguilera, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Haute-Garonne.

Mais ce dernier défend aussi les commerçants toulousains confrontés à une double peine : baisse de leur chiffre d’affaires et destruction pour certains de leur outil de travail dans le cadre des débordements en marge des manifestations. Si la CMA de Haute-Garonne n’a pas enregistré de chômage partiel ou technique chez ses adhérents, les conséquences du mouvement pourraient se mesurer à moyen terme. « Pour certains commerces, la période des fêtes pèse pour 30 à 40% du chiffre d’affaires et compense la non-consommation des mois suivants. D’ici quelques semaines, les difficultés économiques pourraient déboucher sur des difficultés sociales ».

« Dans un mouvement, on ne peut pas tout avoir »

D’autant que dans les rangs des gilets jaunes, la mobilisation semble ne pas faiblir. « C’est le peuple qui est dans la rue, ce n’est pas un mouvement catégoriel », assure Yves Garrec, chauffeur VTC et qui se définit comme un membre actif des Gilets jaunes. « La perte du chiffre d’affaires d’une entreprise est toujours ennuyeuse, mais le commerçant est comme les gilets jaunes, il pleure quand il va à la pompe. Dans un tel mouvement on ne peut pas tout avoir ! », souligne-t-il, en prenant soin de dénoncer les violences qui ont eu lieu ce week-end.

Des actions des gilets jaunes sur des sites emblématiques vont se poursuivre cette semaine à Toulouse et son agglomération, notamment devant les dépôts de carburant de Fondeyre, de Lespinasse ou encore le site de la Socamil. Un nouvel appel à manifester a été lancé pour samedi dans la Ville rose. D’ici là, les organisations patronales devraient se réunir deux fois, mercredi et samedi, à l’appel de la CPME 31 pour dresser un bilan de la situation et esquisser des solutions de sortie de crise. « On est dans une situation d’état d’urgence économique », conclut Vincent Aguiléra.
Philippe Font

Sur la photo : Les commerces du centre-ville subissent la double peine selon la Chambre des métiers et de l’artisanat : baisse de la fréquentation en raison des manifestations et dégradations de leurs boutiques. Crédits : Angélina Fourcault - ToulÉco

Et maintenant, les lycéens

Lundi 3 décembre, une vingtaine de lycées ont été bloqués en Haute-Garonne, et 1300 élèves se sont mobilisés sur le département selon la Préfecture. À Toulouse, une cinquantaine de jeunes ont manifesté en fin de matinée. Plus nombreux en début d’après midi, certains d’entre eux se sont frottés aux forces de l’ordre place du Capitole et boulevard de Strasbourg. Selon la Préfecture, onze personnes ont été interpellées pour vols et dégradations. Par ailleurs, deux manifestants ont été gravement blessés samedi dans le cadre des affrontements avec la police.