ToulÉco

Publié le mardi 9 juillet 2019 à 19h58min par Audrey Sommazi

Commerce. Le démarrage des soldes à Toulouse est-il raté ?

Les soldes ont débuté il y a deux semaines à Toulouse mais ne font pas recette. Tel est le constat dressé par les commerçants indépendants.

« C’est une catastrophe ». C’est ainsi que Simon Kouby, président de l’association des commerçants de l’hypercentre toulousain (rues de la Pomme, des Arts et Saint-Pantaléon) qualifie ce début des soldes lancés mercredi 26 juin. La traque estivale aux bonnes affaires ne fait plus recette. « Nous n’avons constaté aucune effervescence. Car les soldes d’été ne sont qu’une continuité des autres promotions et soldes privés organisés jusqu’à la fin juin », regrette Simon Kouby, qui est aussi gérant de douze boutiques. « On ne vend plus au prix juste », souligne amer le président, dont l’association regroupe entre cent et cinquante commerces.« Jean-Jacques Bolzan, en charge du commerce p à la mairie de Toulouse, en convient également. L’adjoint indique vouloir redéfinir un calendrier de ces ventes privées à l’année fin d’ établir un »plan cohérent" en lien avec les organisations professionnelles nationales.

De son côté, Julia Izard, directrice du magasin Arabesque, situé rue des Tourneurs, constate que le soleil de plomb a eu raison de la motivation des clients. « Nous avons eu beaucoup de monde les deux premiers jours, avant que la canicule ne les empêche de sortir de chez eux », indique la jeune femme. « Nous ne rattraperons pas notre retard », avance-t-elle, faisant référence au mouvement des gilets jaunes, né en novembre dernier.

150 boutiques en vente à Toulouse

Dans ce contexte social inédit, Simon Kouby a enregistré une perte évaluée entre 30 et 50% de son chiffre d’affaires les samedis sur certains points de vente, en raison des manifestations de protestation sociale dans les rues de Toulouse. « La rue de la Pomme était bloquée, soit par la police, soit par les manifestants », insiste le président de l’association.

Les collectivités (CCI de Toulouse, mairie, conseil départemental de la Haute de Garonne et région Occitanie) ont mis en place des mesures d’accompagnement pour les entreprises face à la situation : prêt de trésorerie, étalement des échéances fiscales et sociales, indemnisation par les assurances, fonds de solidarité consulaire ou encore mise en place d’un accueil personnalisé au tribunal de commerce, etc.

Néanmoins, ces dispositifs ne sont pas venus à bout des difficultés que rencontrent les commerçants. « Les gilets jaunes ont accentué une crise, un malaise, que nous rencontrions déjà dans le textile », nuance Simon Kouby. « Car le secteur produit deux fois plus qu’il ne vend. Par conséquent, la plupart des indépendants souffrent et ne peuvent plus tenir. Plus de 150 boutiques en ville sont en vente. »
Pour relancer les ventes, Jean-Jacques Bolzan table sur la braderie de septembre et pense à un nouveau rendez-vous à l’automne pour inciter les clients à acheter.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les soldes ont démarré à Toulouse le 26 juin. Crédits : Valentine Chapuis - ToulÉco