ToulÉco

Publié le dimanche 1er janvier 2017 à 18h12min par Isabelle Meijers

Toulouse. Le groupe Yzatis défrise l’offre de salons de coiffure dans les villes moyennes

article diffusé le 19 octobre 2016

Dans un secteur de la coiffure saturé, une enseigne haut-garonnaise, Yzatis, se fraie un chemin. Son secret ? L’essaimage de salons modernes à bas prix dans les villes secondaires de la région.

Sans rendez-vous, à petits prix, dans des petites villes, d’une surface moyenne de 100 m²… Les treize salons de coiffure de l’enseigne Yzatis, créée il y a dix ans à Cazères en Haute-Garonne par Stéphane Bachelier, épousent le même modèle discret. Mais le groupe essaime maintenant la région à un rythme maîtrisé de deux ouvertures annuelles de succursales, au point d’atteindre un chiffre d’affaires 2016 estimé à 3,6 millions d’euros pour soixante quinze salariés et d’anticiper une stabilisation de l’enseigne à 7 ou 8 millions d’euros d’ici quelques années. Il s’est même offert l’actrice Jennifer Lauret (Camping Paradis, Julie Lescaut…) comme égérie. Le futur Jean-Claude Aubry est-il né ? « Il a été l’un des premiers à démocratiser la coiffure », reconnaît Stéphane Bachelier.

Décoiffer l’offre en milieu rural

« Dans mon cas, l’idée était de remanier l’offre de coiffure en zone rurale, restée très éclatée et souvent vieux jeu. J’ai ainsi ouvert le premier salon à Cazères, une petite ville que je connaissais peu, qui m’a servi de test. J’ai élargi les services proposés, à du lissage brésilien par exemple, pour générer du volume d’affaires par rapport à la masse salariale généralement critique en salon », explique-t-il. Le dirigeant applique aussi les méthodes low cost de tarif dégressif de fidélisation et d’absence de prise de rendez-vous pour cibler les femmes actives. Déjà, dans cet esprit d’optimisation du temps et de rationalisation des coûts, deux salons étendent leur offre à des soins esthétiques. Un nouveau centre beauté Yzatis devrait ouvrir en 2017 au Lherm.

Un profil de manager, pas de coiffeur

Rien ne prédestinait ce natif de Saint-Gaudens, diplômé de Science Po Toulouse et spécialiste du droit de la communication, un temps employé chez Havas au service marketing sportif, à se retrouver à la tête d’un groupe de coiffure. Mais il faut compter avec des parents commerçants qui ont entretenu sa fibre d’entrepreneur et une belle-mère professeur de coiffure qui lui a donné les clés du secteur.

Il démarre avec 10.000 euros de prêt de sa famille et applique dans chaque salon des méthodes de management modernes. Un budget, des indicateurs de pilotage, une réunion toutes les six semaines avec les treize responsables de salon cadrent le travail. La stratégie des villes moyennes ou de périphérie de plus grands centres urbains se poursuit. « Nous limitons ainsi les montants des loyers. Notre première incursion à Toulouse se fera dans le quartier des Minimes avec une ouverture en mars 2017 », dévoile Stéphane Bachelier.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Stéphane Bachelier, dans son salon de coiffure de Colomiers. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco