ToulÉco

Publié le lundi 8 juillet 2019 à 18h47min par Audrey Sommazi

Toulouse. Maguelone Pontier donne la primeur au Grand Marché

Avec une main de fer dans un gant de velours, Maguelone Pontier a réveillé le Grand Marché - Min de Toulouse pour l’amener vers la croissance.

« Elle bosse, elle est efficace », commente un chef d’entreprise alors qu’il patiente pour saluer Maguelone Pontier. « Dans ce milieu d’hommes, les femmes s’adaptent, apprennent vite. Elles mènent de front leurs vies professionnelle et personnelle », commente un autre, relevant le courage de ses consoeurs. Ce Parisien, qui travaille au marché de Rungis, attend également son tour pour échanger quelques mots avec la directrice du Grand Marché -Min de Toulouse. Et la féliciter. Ce jour-là, juchée sur des hauts talons et vêtue d’un tailleur bleu marine, cette femme de 33 ans est l’objet de toutes les attentions médiatiques. Car elle vient de dresser un premier bilan positif de ce marché, dont elle n’a pas à rougir.

Dix-huit mois après son arrivée à la direction, Maguelone Pontier a relevé un challenge. Elle a redressé cette structure endormie en attirant de nouveaux acteurs et en l’ouvrant au grand public. Elle a aussi remis à plat l’organisation interne de l’entreprise. « Je dois rendre des comptes à mes actionnaires (marché de Rungis et la Poste Immo, NDLR) », explique-t-elle. « J’ai renégocié avec chaque prestataire et fournisseur. Je les ai mis en concurrence pour augmenter leur performance et réaliser des économies. J’ai aussi assaini la gestion des stocks et des achats. » Et les résultats parlent d’eux-mêmes : le chiffre d’affaires fait un bond de 333 à 408 millions d’euros et le résultat net passe de 200.000 euros à 440.000 euros.

La bosse du commerce

Originaire de Gigean, une ville de 6000 habitants dans l’Hérault, Maguelone Pontier est fille d’arboriculteurs et de céréaliers. Adulte, elle s’éloigne pourtant de cet univers. « Je suis née dans le syndicalisme agricole. À cinq ans, j’étais dans la rue », se souvient-elle. « Mais, ce métier me faisait peur. Car il est très dur, ingrat et peu reconnu », explique-t-elle. Elle quitte sa région natale pour se former à Paris en droit public –« le nerf de la guerre » - et en communication politique. Pour compléter son bagage universitaire, cette bosseuse rejoint les bancs d’HEC afin d’apprendre les rouages du management des entreprises publiques.

Tour à tour attachée parlementaire du sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur (PS) et chargée de communication de l’ancien ministre de l’Agriculture Michel Barnier, elle saisit l’opportunité de rejoindre la FNSEA. Au sein du plus important syndicat agricole de France, Maguelone Pontier est nommée conseillère de son président puis prend la tête de la direction de la fédération des marchés de gros, jusqu’en 2017. Aujourd’hui, cette néo-toulousaine prend le temps de regarder à nouveau vers l’Hérault. « Jamais je ne vendrai les terres de mes parents », assure cette chef d’entreprise, qui vient d’ailleurs de reprendre une petite exploitation viticole proche de l’exploitation familiale. Elle en assurera le négoce. La bosse du commerce, toujours.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Maguelone Pontier présentait les résultats 2018 et les perspectives du Grand Marché devant la presse et les entreprises, en mars à Toulouse. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco