ToulÉco

Publié le jeudi 8 août 2019 à 19h00min par Audrey Sommazi

Toulouse. Malgré son âge, la librairie Privat reste à la page

article diffusé le 6 juin 2019

180 ans et elle a encore tous ses rayons. La librairie Privat, qui célèbre son âge par une série de rencontres, mise sur la diversification pour résister face aux géants du secteur et aux tendances.

Elle résiste. Au temps et aux crises. La librairie Privat souffle cette année ses 180 bougies. Et pour célébrer cet anniversaire des rencontres d’auteurs sont programmées depuis le mois de juin et ce jusqu’en décembre. Agnès Martin-Lugand, auteure du roman feel-good Les gens heureux lisent et boivent du café, l’historien Emmanuel de Waresquiel, le romancier Serge Joncour et l’éthologiste toulousaine Audrey Dussutour ont déjà confirmé leur présence.

Autant de bonnes raisons donc pour encourager les lecteurs avertis ou amateurs à pousser les portes de Privat. Et c’est là toute la difficulté, mais aussi l’enjeu, auxquels sont confrontés les treize salariés, dont dix libraires, à l’heure d’Amazon. « Nous devons proposer un petit plus pour que les gens se déplacent. Nous travaillons alors notre diversification pour en faire un lieu de vie », explique Anne Bougerol, la co-gérante. La jeune femme a repris en octobre 2013 avec son père Benoît Bougerol, actuel patron de la Maison du Livre à Rodez, cette librairie ancienne propriété de Chapitre.

Romans noirs et gilets jaunes

En 2017, Privat a inauguré un coin café, qui n’a cependant pas trouvé son public. L’idée n’est pas pour autant abandonnée, elle est repensée pour « trouver la bonne formule ». Un espace CD et DVD sera aménagé avant la fin de l’année. Bien sûr, la librairie n’en oublie pas son métier premier, en constante évolution. Elle s’adapte à la demande, aux demandes, en proposant une offre variée avec un savant mélange d’auteurs de best-sellers « qui font vivre la librairie », de romanciers locaux et de coups de coeur. Elle veut y ajouter également « sa patte », en mettant en avant ses propres collections notamment.

Autant donc de solutions aussi pour résister aux tendances de la demande mais aussi aux cycles du secteur. « Nous avons ressenti une grosse baisse des ventes du rayon littérature. La rentrée en septembre a beaucoup moins marché, et on n’en connaît pas les raisons », ajoute Anne Bougerol. « A ce contexte morose, s’ajoute le mouvement des gilets jaunes tous les samedis. Nous avons constaté moins de passage dans le commerce ». Par conséquence, la librairie enregistre une baisse relative de son chiffre d’affaires : 2,3 millions d’euros cette année, contre 2,5 millions d’euros pour l’exercice 2017-2018. « On ne s’inquiète pas outre mesure sur le long terme. Mais il ne faut pas que cela dure », conclut la trentenaire.
Audrey Sommazi

Sur les photos : En haut : le site de Toulouse célèbre ses 180 ans. Crédit H.R. En bas : Anne Bougerol, la co-gérante de la librairie Privat à Toulouse. Crédits : A.S. - ToulÉco.