ToulÉco

Publié le mercredi 16 août 2017 à 18h00min par Johanna Decorse

Toulouse. Pour ses vingt ans, la Cinémathèque veut toucher au grisbi

article diffusé le 2 mars 2017

Installée depuis vingt ans dans son écrin de la rue du Taur, la Cinémathèque de Toulouse, la deuxième de France, célèbre cet anniversaire en regardant bien plus loin. Elle sait que son avenir sur grand écran passe désormais par des financeurs privés.

Alors que la Cinémathèque de Toulouse célèbre les vingt ans de son installation rue du Taur, ses actuels dirigeants tirent la sonnette d’alarme pour les décennies qui viennent. Dès sa nomination en juin 2016 à la présidence de la Cinémathèque, Robert Guédiguian a pointé le manque de place et la nécessité d’une extension, aussi bien sur le site toulousain qu’au centre de conservation et de recherche de Balma, opérationnel depuis 2004.

Ce sont ces archives qui abritent quelque 46.000 copies de films, plus de 80.000 affiches, 500.000 photos et 15.000 ouvrages qui font de la Cinémathèque de Toulouse, la deuxième de France, reconnue d’intérêt national, l’un des fonds les plus importants en Europe sur le cinéma. Le stock augmentant chaque année, les archives sont saturées et il devient « urgent » souligne Franck Loiret, directeur délégué de la Cinémathèque de « trouver une solution ».

Baisse des subventions

« Une collection doit continuer à s’agrandir et à être montrée, l’une des conditions pour qu’elle ne meure pas », ajoute-t-il. Entamée en 2012, la réflexion autour de l’espace vital de cette institution financée à 80% par des subventions publiques – un tiers du CNC, un tiers de la ville de Toulouse et le reste à parts égales entre la Région et le Département – est relancée depuis quelques mois avec les quatre tutelles. « Une étude est en cours pour les deux sites. Différents scénarios sont proposés, le conseil d’administration devrait se prononcer fin mars », précise Franck Loiret.

C’est au printemps dernier également que la Cinémathèque a entamé son opération séduction auprès d’entreprises privées, de fondations et autres mécènes susceptibles de s’engager sur le long terme ou sur des projets ponctuels. « Nous devons développer nos ressources propres car les subventions ne vont pas aller en augmentant. Nous devons changer de culture et de logiciel en mettant en œuvre une politique de recherche de financeurs privés qui veulent défendre le patrimoine de la Cinémathèque et sa transmission aux générations futures », explique Franck Loiret.

Vers la création d’un nouvel festival

Confrontée à une baisse de ses dotations de 10% entre 2015 et 2016, la Cinémathèque dont le budget est de 2,3 millions d’euros pour trente-et-un salariés, veut passer de 20 à 40% de recettes propres d’ici cinq ans. Même si sa fréquentation est bonne avec près de 80.000 spectateurs en 2016, la location de ses espaces, régulière, elle doit aller plus loin. Présenté à l’automne, son plan de développement prévoit notamment de doubler la fréquentation des scolaires pour atteindre 25.000 personnes par an.

Il prévoit aussi le lancement d’un nouveau festival en novembre, en remplacement de Zoom Arrière, sous forme de carte blanche donnée à quatre ou cinq invités. Pour résister à la concurrence du numérique, fidéliser son public et trouver de nouveaux spectateurs. Selon Franck Loiret, il faut se « réinventer » autour de cette « expérience collective » que sont la salle et l’écran.
Johanna Decorse

Sur la photo : La Cinémathèque de Toulouse qui célèbre cette année le vingtième anniversaire de son installation rue du Taur, compte dans ses archives 46.000 copies de film. Photo Rémy Gabalda - ToulÉco