« Difficile d’avancer sur la question des salaires »
Gérard André, maire d’Aucamville et président de l’Epic Tisséo*
Votre position sur la question des salaires, principale revendication des syndicats, est-elle définitive ?

Compte tenu de notre situation budgétaire, de la hausse des salaires de 6% l’an dernier, du contexte économique, et de l’annulation de l’inauguration, nous aurons du mal à avancer sur ce terrain là.
Pourquoi ne pas valoriser la polyvalence des wattmen, qui continueront aussi à conduire les bus ?
Les chauffeurs de bus sont eux aussi polyvalents puisqu’ils assurent à la fois le rôle de contrôleur et sont davantage au contact des clients. Et dans les conventions collectives, le wattman est en théorie moins bien payé que le chauffeur de bus. Or, nous les plaçons à égalité. D’autre part, l’habilitation à conduire un tramway a été proposée sur base du volontariat, et nous avons donc proposé diverses mesures relatives aux conditions de travail. Voilà pourquoi ces revendications sont difficiles à admettre, et que l’opinion publique ne comprend pas l’action des grévistes.
Et sur la question de la prime aux personnels les plus impliqués dans l’arrivée du tramway ?
C’est un souhait de Pierre Cohen et moi-même que de récompenser les plus investis. Cela s’était passé de la même manière pour le prolongement de la ligne A du métro. Quant à la prime collective demandée par certains (le syndicat FO entre autres, ndlr), elle avait été distribuée à l’ouverture de la ligne B contre une garantie de bon lancement, puis suivie d’un supplément pour bons résultats. D’un point de vue managérial, je ne suis pas certain que c’était une bonne idée.
Est-ce la mission des élus que se s’occuper de problématiques de ressources humaines ?
La direction le souhaite, et je pense qu’il le faut. Les élus doivent s’impliquer davantage et plus souvent, notamment au moment des Négociations annuelles obligatoires (NAO). Tisséo fonctionne avec l’argent public, dont 90 millions d’euros du Grand Toulouse. Il est normal d’être au plus près pour savoir comment il est géré.
Les pertes se sont élevées à 350.000 euros suite à l’inauguration annulée. Qu’en est-t-il pour chaque jour de non-exploitation de la ligne T1 ?
Difficile à dire puisqu’un réseau de bus de substitution a été mis en place, même si je concède que c’est moins attractif et sans doute moins performant que le tramway. Les pertes sont donc difficiles à évaluer, mais nous attendions jusqu’à 30.000 passagers par jour sans compter l’effet de nouveauté.
Quant à l’inauguration, les 350.000 euros ne sont pas perdus en soi. Les outils de communication restent, la nourriture a été redistribuée, et nous discutons avec les artistes qui devaient assurer les festivités pour qu’ils se produisent éventuellement à un autre moment.
Il y aura donc une nouvelle inauguration ?
En l’état, cela parait compliqué. La partie protocolaire, qui était déjà anecdotique, ne sera pas organisée à nouveau. Pour ce qui est des festivités, nous réfléchissons à un nouveau dispositif. Mais il sera difficile de proposer la gratuité.
Recueilli par T.G.
*Depuis le 1er avril 2010, la régie de transports Tisséo est juridiquement un Établissement public industriel et commercial (Epic). Un nouveau statut qui lui assure davantage d’autonomie.
Crédits photo : © Saada & Schneider.