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Publié le dimanche 29 septembre 2019 à 19h30min par Armelle Parion

Toulouse se dote d’un Centre de réponse à la catastrophe unique en Europe

Pionnière en Europe, la structure vise à améliorer l’efficacité dans la réponse aux catastrophes naturelles, industrielles ou terroristes. Ses outils : la formation, l’innovation et la concertation sur le terrain des différents services de secours.

Toulouse a vu naître le Samu, un modèle qui s’est ensuite imposé sur tout le territoire. La ville a aussi connu l’explosion de l’usine AZF, en 2001, qui a fait vingt-neuf morts, des milliers de blessés, dont trente urgences absolues. En 2012, l’affaire Merah a constitué le signe avant-coureur de la vague terroriste qui a frappé l’Europe. « Nous avons une expérience des catastrophes. Celles-ci sont de plus en plus fréquentes, la réactivité est donc nécessaire, d’où ce centre inter-opérateurs, qui vise à développer les bonnes pratiques, et à travailler sur les nouvelles menaces comme les attaques chimiques », renchérit Vincent Bounes, le directeur du Samu 31, à l’origine de l’initiative.

Le Centre de réponse à la catastrophe (CRC), lancé mercredi 25 septembre, s’inspire du centre de référence international, situé à Boston, le Beth Israel Deaconess Medical Center Fellowship in Disaster Medicine. Toulouse sera donc le pivot en Europe de l’association de tous les professionnels impliqués dans la gestion des catastrophes : préfecture, agence régionale de santé, GIGN, CHU, pompiers, université Toulouse 3 Paul Sabatier (pour l’innovation et la recherche), etc. « Nous souhaitons élargir le partenariat au privé sur la partie innovation, et sur la partie sociale pour la prise en charge des victimes, en cas de choc post-traumatique notamment », ajoute Vincent Bounes.

Dôme de simulation sensorielle

En cas de catastrophe, les services de secours doivent connaître la partie commandements, les protocoles, et les méthodes de communication. Afin d’améliorer les techniques opérationnelles, des drones innovants pourraient être développés, ainsi que des outils de mesure de l’humidité, de la température, des solvants ou des vibrations. Un projet de Dôme de simulation sensorielle verra le jour d’ici deux ans, pour des entraînements dans les conditions les plus réelles possibles (avec la possibilité de créer de la fumée ou des odeurs de chair calcinée). Un immeuble d’entraînement sera également aménagé.

Le Samu 31 utilise déjà pour ses exercices le système Second Life, qui s’appuie sur des scénarios 3D pour reproduire des situations vécues avec une caméra à 360 degrés. La préfecture de Haute-Garonne organise un exercice de simulation par mois. La dernière, une fausse attaque de trois terroristes, s’est déroulée début septembre dans l’enceinte de l’hôpital Toulouse-Purpan. « Nous formons 5000 personnes par an, en milieu naturel, à faire face à des situations dangereuses », affirme Vincent Bounes.

Aucun bâtiment n’est pour l’instant dévolu au CRC de Toulouse, mais sa réalisation devrait s’appuyer sur des crédits européens. Il s’inscrira dans un réseau mondial, qui devrait en compter une dizaine d’autres en Chine, en Israël, dans les Caraïbes, au Brésil… « Face à des risques globaux et interconnectés, il nous faut une réponse concertée. Ce CRC est une réponse appropriée », affirme le préfet de région Occitanie Etienne Guyot.
Armelle Parion

Sur la photo : le Sdis est en première ligne sur les catastrophes. Photo d’illustration. Crédits : CRC - DR.

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