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Publié le dimanche 29 avril 2018 à 18h30min par Johanna Decorse

Tourisme. Le Toulousain Fram passe sous le contrôle du fonds Equistone Partners Europe

Nouvelle destination pour Fram. Deux ans et demi après son rachat par LBO France, le voyagiste toulousain vient de passer sous le contrôle du fonds d’investissement Equistone Partners Europe, tout comme Karavel-Promovacances.

L’affaire est conclue. Equistone Partners Europe avait annoncé le 3 mars dernier avoir engagé des discussions exclusives avec LBO France pour le rachat de Fram et Karavel-Promovacances. Le 24 avril, le fonds d’investissement dont le siège est situé à Londres et la direction française basée à Paris, est devenu ultra-majoritaire dans les deux groupes de tourisme. Trois de leurs managers historiques, Alain de Mendonça et Folco Aloisi, cofondateurs du site de vente de voyages en ligne et Cyrille Fradin, directeur financier de Karavel et Fram, ont pris leurs parts et une ouverture du capital aux salariés est en cours.

« Un nouveau souffle »

L’arrivée de ce nouveau pilote-investisseur à la tête des deux entités a été validée par leur comité d’entreprise et saluée par la direction. Il faut dire qu’il s’agit davantage de retrouvailles. En effet, Equistone Partners Europe, ancienne Barclays Private Equity, a déjà été propriétaire de Karavel-Promovacances de 2007 à 2011, année où elle l’a vendue à… LBO France. « Cette période compte parmi les plus belles années de croissance de l’entreprise avec le rachat notamment d’ABCroisière. Le retour d’Equistone est une bonne nouvelle. Les équipes dirigeantes se connaissent, sont habituées à travailler ensemble. Cela va redonner du souffle et des projets », assure une salariée.

Du côté de Fram, qui commence à peine à se redresser après plusieurs années de pertes, un plan social en 2012, un placement en redressement judiciaire fin 2015 et un sauvetage par LBO France, c’est le même enthousiasme. Sur un marché ultra-concurrentiel et de plus en plus concentré, comme en témoigne le rachat récent de Look Voyages par l’Allemand TUI numéro un mondial et français du voyage, le groupe toulousain a réussi à échapper aux « ogres du secteur et à préserver l’intégrité de son entité et l’identité de sa marque ».

Un projet dans la continuité

« Notre avenir prenait le chemin d’un rachat par un gros acteur qui aurait impliqué une grosse restructuration, une fusion des marques… Nous avons poussé pour qu’un acteur financier prenne le relais de LBO France et que son projet s’inscrive dans la continuité pour le business plan, la stratégie et les équipes. Voilà pourquoi nous sommes enthousiastes et confiants tout en sachant que si les années noires sont terminées, le secteur est fragile. Nous faisons un métier dur, de petite marge et de précision », témoigne Frédéric Granel, directeur général adjoint de Fram.

Après une année difficile en 2016 au cours de laquelle il a vu son chiffre d’affaires chuter de moitié, le voyagiste toulousain espère clôturer l’exercice 2018 avec un volume d’activité de 200 millions d’euros et en finir bientôt avec ses pertes chroniques en gérant notamment mieux ses invendus. « 2019 sera une année importante. Nous fêterons nos 70 ans et un retour à la rentabilité. Et Equistone va nous permettre d’accélérer notre plan stratégique », ajoute Frédéric Granel.

Pour Fram, le cap est clair. Le tour-opérateur veut développer ses Framissima pour atteindre une trentaine de clubs en 2019, avec entre autres deux projets de long courrier en Asie et dans les Caraïbes. Objectif : réduire sa dépendance à la saison d’été. Son deuxième axe de développement consistera à améliorer la distribution de ses produits dans les agences tierces.
Johanna Decorse

Sur la photo : Changement de pilote chez Fram, passé depuis le 24 avril sous le contrôle de fonds Equistone Partners Europe. Photo ToulÉco