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Publié le mardi 2 janvier 2018 à 18h30min par Johanna Decorse

Transports. La navette autonome EasyMile enfin testée à Toulouse

Article diffusé le 10 décembre 2017

En exploitation au Texas ou à Singapour depuis plus d’un an, la navette électrique sans chauffeur, développée par la société de logiciel de navigation autonome EasyMile avec le groupe Ligier, entre pour la première fois en test à Toulouse, sur les allées Jules-Guesde.

Depuis sa présentation en 2014 au Salon de l’auto, la navette électrique autonome EZ10 voit défiler les kilomètres à son compteur. Ce minibus électrique, développé par la société toulousaine EasyMile avec le constructeur automobile Ligier, a fait l’objet d’une centaine de campagnes de tests dans plus de vingt-et-un pays et totalisé quelque 120.000 kilomètres de déplacements cumulés. Il est déjà entré en exploitation dans le jardin botanique de la ville de Singapour ou encore à Arlington, au Texas pour relier le stade de base-ball aux parkings.

A Paris, la RATP a lancé mi-novembre une expérimentation pour six mois minimum dans le Bois de Vincennes. Deux navettes EasyMile assurent du vendredi au dimanche, de 10h à 20h, la liaison entre la station de métro Château de Vincennes et le parc floral. Ce parcours d’environ 500 mètres pourrait être prolongé jusqu’à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) et au théâtre de la Cartoucherie pour une vraie mission « de service public » souligne Benoît Perrin. « Les navettes viennent en complément de moyens de transport existants. Elles apportent une mobilité là où il n’y en a pas, une exploitation à la fois souple et moins coûteuse », souligne le directeur de l’exploitation d’EasyMile.

Le dernier kilomètre

A Toulouse, c’est aussi pour une desserte urbaine du « dernier kilomètre » entre les stations de métro et de tramway Palais de justice et le Quai des savoirs, qu’un minibus pouvant transporter jusqu’à douze personnes, a commencé à sillonner les allées Jules-Guesde. Cette phase d’expérimentation est prévue pour six mois. Déjà implantée à Melbourne et Singapour, EasyMile qui a levé en janvier 14 millions d’euros auprès d’Alstom et opéré six mois plus tard un second tour de table auprès de Continental, devenu lui-aussi actionnaire minoritaire, termine l’année 2017 avec deux nouvelles implantations à Denver et Berlin.

Née en 2014 à Toulouse, cette coentreprise entre Ligier Group et Robosoft, spécialisé en robotique de services, continue en parallèle de concevoir ses logiciels de navigation autonome pour le compte de tiers. La société a notamment signé en septembre un accord de partenariat avec le groupe français TLD, leader mondial des véhicules aéroportuaires roulants, pour développer un tracteur à bagages autonome. EasyMile qui emploie déjà une centaine de salariés, dont plus de quatre-vingt à Toulouse entre son siège social du centre-ville et sa base test de Francazal, devrait puiser dans le vivier local des ingénieurs en robotique pour recruter cinquante personnes supplémentaires en 2018.
Johanna Decorse

Sur la photo : Une navette EZ10 va relier durant six mois les stations de métro et de tramway Palais de justice au Quai des savoirs. Photo EasyMile.