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Publié le mercredi 15 novembre 2017 à 17h00min par Armelle Parion

Occitanie. Comment Mobility Work est devenu le premier réseau social pour la maintenance industrielle

Mobility Work, le premier réseau social de réparation et de maintenance pour l’industrie, a fait une levée de fonds d’un million d’euros en juin dernier. Créée en avril 2016, la société a déjà des clients dans le monde entier.

Mobility Work a dépassé les 50.000 utilisateurs, répartis dans quatre-vingt-cinq pays. L’entreprise fondée par l’Ariégeois Marc-Antoine Talva, 29 ans, emploie treize salariés, dont un au Vietnam, un en Indonésie et un autre en Chine. « Jusqu’ici, les entreprises utilisaient pour leur équipement des logiciels de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO), à la fois coûteux et difficiles à mettre en place. Notre réseau communautaire n’a besoin ni de matériel informatique ni de formation. L’interface est simple et ergonomique », assure le PDG.

Il travaillait dans une fonderie du groupe Farinia en Loire-Atlantique, et s’est inspiré de la réalité du terrain. « Nous avions acheté un logiciel GMAO, qui s’est avéré compliqué à paramétrer. J’ai eu l’idée de créer une application de maintenance mobile, téléchargeable sur téléphone, sur le principe des réseaux sociaux. Dans certains groupes, les usines ont les mêmes problématiques, mais ne discutent pas entre elles. Pourquoi ne pas se connecter aux personnes qui ont les mêmes machines que nous, en cas de panne ? Quelqu’un a parfois la pièce qu’il nous manque ».

Trois millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans

Les premiers fonds ont été levés en 2014 au sein par une équipe spécialisée dans l’innovation chez Farinia. « Je me suis lancé dans les mêmes conditions d’un incubateur », analyse le Marc-Antoine Talva . La plateforme a été testée dans plusieurs usines du groupe. « Dans celle où nous avions mis trois ans à intégrer le logiciel, cela a marché en quelques jours. Les employés de la maintenance se connectaient même chez eux le soir ». En 2015, le jeune entrepreneur décide de monter son entreprise pour poursuivre le développement de l’application. Il rencontre ses premiers clients au salon CES de Las Vegas, dédié à l’électronique, de 2016.

Aujourd’hui, Mobility Work affiche deux millions d’heures de maintenance au compteur. « Les clients recherchent surtout des moteurs et des pompes, mais aussi des conseils quand leur machine n’est plus sous garantie. Nous commençons à travailler avec des constructeurs, comme Fuchs, afin qu’ils intègrent leur catalogue sur notre site ». Les clients, techniciens de maintenance et prestataires implantés en Europe et en Asie (Chine, Thaïlande, Indonésie) payent un abonnement de 30 euros par mois. L’application se décline en cinq langues.

Cet été, la société installée à Paris et à Saint-Paul de Jarat en Ariège, a levé un million d’euros en deux mois. Mobility Work s’apprête à recruter plusieurs développeurs et vise trois millions de chiffre d’affaires d’ici trois ans.
Armelle Parion

Sur la photo : une partie de l’équipe de Mobility Work, avec Marc-Antoine Talva au premier plan. Photo Mobility Work.