ToulÉco

Publié le jeudi 14 mars 2019 à 18h32min par Audrey Sommazi

Une grève menace-t-elle l’ouverture de l’exposition Picasso aux Abattoirs de Toulouse ?

Ce vendredi 15 mars, une partie du personnel du musée des Abattoirs de Toulouse devrait se mettre en grève alors qu’est inaugurée son exposition phare « Picasso et l’exil, Une histoire de l’art espagnol en résistance ». Les agents dénoncent la politique de management de la (...)

C’est ce qui s’appelle jeter un pavé dans la mare. Ce vendredi 15 mars, le premier jour de l’ouverture de l’exposition-évènement Picasso et l’exil, Une histoire de l’art espagnol en résistance risque d’être perturbé par une grève. Une première pour ce musée né en 2000. Même si un premier préavis de grève avait été déposé en 2017 portant sur des revendications identiques, un accord avait permis de désamorcer le mouvement.

« Les agents en lutte, au moins une vingtaine sur les trente-quatre que compte l’établissement, sont déterminés à cesser le travail pour dénoncer un malaise social », affirme Anne Santini. Pour la déléguée syndicale Sud 31, unique organisation syndicale qui représente une dizaine de membres, l’objectif n’est « pas de bloquer les portes ». « Les agents veulent que les visiteurs et les gens du métier se rendent compte de leurs conditions de travail. Ils ont besoin que leur inquiétude et leur souffrance au travail sortent. Nous serons alors de midi à 18 heures devant les grilles du musée », poursuit-elle.

« Un problème d’organisation interne »

« Il y a clairement un souci d’accompagnement du personnel, qui s’est cristallisé il y a deux ans », poursuit Anne Santini, qui pointe du doigt l’actuelle directrice Annabelle Ténèze. Cette dernière, qui a effectué quatre années à la direction du musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (Haute-Vienne) a pris les rênes des Abattoirs en 2016, mettant un terme à une période de vacance de pouvoir de six mois.

« Nous sommes dans une culture de l’urgence. On en fait beaucoup trop et trop vite. Les expositions se multiplient en région et aux Abattoirs. Sauf que la directrice, peu présente à Toulouse, ne délègue pas. Elle ne fait pas confiance au personnel et elle veut tout contrôler et valider. Par conséquent, nous perdons beaucoup de temps par manque d’anticipation », regrette la déléguée syndicale.

Les représentants du personnel affirment avoir alerté la direction du musée et le président du syndicat mixte des Abattoirs, Pierre Esplugas-Labatut. Ce dernier, assure Sud 31, « nous a écouté dans un premier temps ». Il a même commandé un audit dont les conclusions lui ont été remises il y a une semaine.

« Je n’ai pas eu le temps de les éplucher », précise Pierre Esplugas-Labatut, également adjoint au maire délégué aux musées, à l’occasion de la visite presse de l’exposition mercredi 13 mars. Le président reconnait « un problème d’organisation interne ». « L’important est de nouer un dialogue normal, entre direction et représentants du personnel, ainsi qu’au sein des instances habilitées », avance-t-il, estimant que « les propos tenus en dehors de l’institution sont bien regrettables au moment où débute la très importante exposition. »
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le musée des Abattoirs de Toulouse. Crédits DR.