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Publié le dimanche 5 novembre 2017 à 18h44min par Audrey Sommazi

Une nouvelle affaire en soute pour Airbus

Une nouvelle enquête a été ouverte aux États-Unis après que l’entreprise a révélé des inexactitudes dans ses déclarations à l’administration américaine. C’est Airbus qui signale cette nouvelle « affaire ». Dans un communiqué publié mardi 31 octobre, l’avionneur a annoncé avoir découvert « certaines inexactitudes dans les déclarations faites au Département d’État américain », au titre de la réglementation américaine sur la commercialisation d’armes (Itar) et la déclaration des agents et de commissions relatives aux transactions.

En effet, selon les règles américaines sur l’exportation de produits et composants militaires, les entreprises doivent déclarer au-delà d’un seuil financier le recours à des agents commerciaux, les commissions ou le paiement de contributions politiques, à une antenne spécialisée du département d’État (DDTC).

« Ces constatations ont été transmises aux autorités américaines avec lesquelles Airbus coopère pleinement, indique l’avionneur. Airbus n’est pas en mesure d’estimer raisonnablement ni le temps nécessaire à la résolution de ces questions, ni le montant ou l’étendue des pertes potentielles, pénalités ou toute autre action gouvernementale, le cas échéant, susceptibles d’être encourues ».

À l’évidence, l’affaire tombe au plus mal pour un groupe déjà fragilisé. Elle représente une troisième épée de Damoclès, après l’enquête franco-britannique sur ses contrats civils et les procédures allemande et autrichienne sur la vente de chasseurs Eurofighter à l’Autriche en 2003. « À ce stade, il est encore trop tôt pour déterminer la probabilité ou l’étendue de telles conséquences », assure Airbus qui prévient néanmoins que « la condamnation potentielle au paiement d’amendes ou de toute autre sanction pourrait avoir un impact substantiel sur les résultats financiers, commerciaux et opérationnels ».

De son côté, l’État français, actionnaire à 11,1%, tape du poing sur la table. Jeudi 2 novembre, le gouvernement demande à Airbus de faire preuve de « transparence » selon son porte-parole Christophe Castaner. « Dans toute entreprise où la France est actionnaire, c’est une exigence de principe et personne ne doit déroger à cela », a-t-il commenté dans des propos rapportés par l’AFP.