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Publié le lundi 9 juillet 2018 à 20h26min par Julie Rimbert

Innovation. Une jeune pousse toulousaine invente la bouteille du futur, en fibre de lin

Le composite végétal remplacera-t-il le verre et le plastique ? Depuis Toulouse, Green Gen Technologies lance une levée de fonds pour financer la production de sa bouteille à base de fibre de lin. Plus légère, elle affiche aussi un bilan carbone moindre.

L’idée lui trottait dans la tête depuis de nombreuses années. En décembre dernier, James de Roany a déposé auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) le brevet de la première bouteille biosourcée, fabriquée en fibre de lin. Après trois ans de recherche, la jeune entreprise Green Gen Technologies, basée à Toulouse, espère ainsi révolutionner cet objet du quotidien grâce à une bouteille plus légère, et sans impact sur l’environnement.

« Nous avons testé différents matériaux au début comme la fibre de carbone en travaillant avec des entreprises de l’aéronautique, mais cela n’était pas satisfaisant et trop cher », explique James de Roany, qui a fait toute sa carrière dans le monde des vins et spiritueux, notamment au sein du groupe LVMH. « C’est au moment de la Cop 21 que l’idée de la fibre de lin a germé. Mon associée Séverine Laurent a vu un reportage sur les caractéristiques de la fibre de lin. Elle est déjà utilisée dans la haute technologie comme l’automobile et les équipements sportifs, et surtout près de 67% de la production mondiale est française ». L’intérêt de cette innovation réside dans la légèreté de la bouteille et sa production affiche un bilan carbone presque négatif.

Contacts avec des groupes de spiritueux et cosmétiques

L’entrepreneur sollicite l’entreprise suédoise InXide, spécialisée dans le composite végétal pour imaginer le prototype de cette bouteille en fibre de lin, qui se présente comme une chaussette appliquée sur un moule. On lui injecte de la résine de riz chauffée pour lui donner sa forme. « La difficulté a été de trouver la bonne résine et la température de fusion adéquate », détaille James de Roany. « L’intérieur de la bouteille dispose d’un film protecteur alimentaire pour empêcher toutes transmissions. Nous travaillons aussi d’autres matériaux pour continuer à innover, comme le chanvre et le bambou, qui pousse vite et est peu cher ».

Fort de son innovation entièrement compostable et biodégradable, la jeune pousse recherche actuellement des investisseurs via une première levée de fonds de 750.000 euros sur un total de 2,7 millions d’euros. Objectif : financer une première ligne de production de cette bouteille en fibre de lin en Europe. De grands groupes de spiritueux, français et étrangers, de cosmétiques ou d’eau ont déjà montré leur intérêt pour cette bouteille biosourcée. « J’espère au printemps prochain que ma bouteille sera dans les rayons de la grande distribution », assure James de Roany.
Julie Rimbert