ToulÉco

Publié le mardi 19 décembre 2017 à 21h19min par Philippe Font

Université de Toulouse. Craintes et espoirs autour du label Idex

Alors que le dossier de l’obtention du label Idex a été déposé « in extrémis » lundi, adversaires et partisans du dossier continuent à s’opposer. Une partie du jury qui délivrera (ou pas) le label est attendu à Toulouse en février.

« C’est une première étape de franchie, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire ». Philippe Raimbault, président de l’Université de Toulouse se montre à moitié soulagé quand il évoque le dépôt du dossier de l’Idex (initiative d’excellence) ce lundi 18 décembre … dernier jour pour recevoir les documents. Et maintenant ? Une partie du jury va venir visiter les quatre universités (Paul Sabatier, Jean Jaurès, INP et Insa) concernées avant un grand oral au mois de mars. L’Université de Toulouse saura dans la foulée si elle est labellisée Idex.

« Nous avons tenu compte des dernières observations après notre échec de 2016. Notre gouvernance est plus intégrée, nous partageons la même stratégie et avons insisté sur le volet scientifique : la transformation digitale, l’aéronautique, les nouvelles mobilités ou les innovations ont été mises en avant », se félicite le président de l’Université de Toulouse. Car s’il octroie une enveloppe de 25 millions d’euros, le label Idex permet surtout selon Philippe Raimbault, « une reconnaissance à l’international et surtout davantage de croisement entre les disciplines… Il y aura davantage de transversalité ». Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu l’ensemble de la communauté universitaire à Toulouse.

Manque de démocratie et de représentativité

Outre l’université Toulouse 1 Capitole et l’Isae-Supaero qui se sont rapidement retirés du projet, un des quatre acteurs du dossier a fait récemment parler de lui : l’université Jean Jaurès. Alors que la conseil d’administration de l’université a adopté le projet le 12 décembre dernier, plusieurs enseignants et étudiants ont manifesté leur opposition au dossier en perturbant vendredi le conseil d’administration de l’Université de Toulouse. « Nous refusons d’être passés au laminoir, c’est une question de survie », explique Hervé Petit, délégué FSU pour le personnel à l’université Jean Jaurès.

Le syndicaliste craint une dégradation des conditions de travail des personnels, un recul de la démocratie, « les 32.000 étudiants ne seront plus représentés que par un seul élu ». Il redoute aussi une dissolution des diplômes des sciences humaines au profit de ceux des sciences dures. De son côté, Philippe Raimbault se veut optimiste et espère que dans les semaines à venir le dialogue sera renoué et que récalcitrants se rangeront derrière son projet.
Philippe Font

Sur la photo : Philippe Raimbault, président de l’Université de Toulouse. Crédits : Rémy Gabalda. ToulÉco.

Recours devant le tribunal administratif

Les organisations syndicales d’UTJ2 opposées au label Idex ont déposé lundi 18 décembre un recours au tribunal administratif pour demander l’annulation du vote du scrutin du 12 décembre qui s’est déroulé à l’université Jean-Jaurès.