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Publié le mercredi 15 janvier 2020 à 18h00min par Béatrice Girard

Toulouse. Où en est la friche industrielle Guillaumet à Jolimont ?

Renouveau attendu pour la friche industrielle (Ex-CEAT) Guillaumet, située au coeur de Toulouse. La dépollution du site est en cours et 3000 habitants investiront le quartier d’ici 2023.

De hautes barrières de chantier ceinturent depuis plusieurs semaines le site de seize hectares situé en contrebas de Jolimont qui a longtemps abrité le CEAT. Elles protègent les travaux de dépollution du site, entamés à l’automne dernier. En effet, au printemps 2019, l’enquête publique a donné lieu à un avis favorable au projet. Depuis, la concertation avec les riverains bat son plein et les travaux de dépollution sont en cours.
Après avoir racheté ce foncier public à l’État en 2016 (pour 15,1 million d’euros) dans le cadre du dispositif Duflot, Toulouse Métropole a en effet choisit d’attribuer l’aménagement de cette Zac à une concession privée. Le groupement Altaréa Cogedim (mandataire), CA Immobilier, et l’architecte urbaniste Christian Devillers et associés, ont remporté la consultation.

Ce dernier a imaginé le plan directeur du quartier et rédigé le cahier des charges architectural, urbain et paysager avec un parti pris : celui de consacrer le cœur du futur quartier à un jardin de plus d’un hectare, traversé uniquement par des voix de mobilité douce. « Une seule rue traversière sera accessible aux voitures, les autres seront réservées aux déplacements à vélo et à pieds, » dit-il. Un choix d’apaisement alors que les études prévisionnelles annoncent par ailleurs une hausse de la circulation de 10 à 12 % dans les prochaines années sur l’avenue Yves Brunaud, l’axe routier qui longe le quartier. Sur le volet environnemental, le projet prévoit l’augmentation de la surface consacrée aux espaces verts de 35.000 à 60.000 m2.

Un réseau de chaleur biomasse qui fait débat

Mais pour l’heure, ce qui préoccupe les associations de riverains, c’est le choix d’un réseau de chaleur biomasse pour alimenter le réseau d’eau chaude et de chauffage de la Zac. Un appel d’offre est en cours pour la construction d’une chaufferie. La question a occupé les débats lors de la dernière réunion publique en décembre 2019. Les équipes de maître d’œuvre et de maîtrise d’ouvrage avancent « des performances énergétiques élevées malgré le ballet des quatre-vingt camions semi-remorques annuels nécessaires pour alimenter la chaufferie en bois. » Les associations de riverains pointent au contraire « d’importantes nuisances à venir et émettent des doutes sur la solvabilité des différentes copropriétés en cas de charges fixes élevées en lien avec ce réseau de chaleur. »

À terme le quartier Guillaumet comptera 1200 logements, des maisons individuelles, collectifs et semi collectifs du T1 au T7. Un îlot intergénérationnel avec des logements adaptés aux personnes fragilisées et porté par Patrimoine SA. « Pour l’heure, nous avons déjà déposé les permis de construire des 300 premiers logements à construire et les concours de maîtrise d’œuvre sont en cours pour les tranches suivantes avec un objectif : un dépôt des permis avant les municipales », explique l’architecte. Les premiers lots seront livrés en 2022.

Le devenir de la soufflerie n’est pas tranché

Le quartier mixte comptera aussi des commerces, des bureaux, un équipement sportif et sans doute un tiers lieu. « Nous souhaiterions que le bâtiment de la soufflerie, seul vestige de l’activité industrielle du site, soit transformée en tiers lieu, mais à ce stade, les discussions engagées avec Le Grand Reservoir qui investit, conçoit et gère ce genre de lieux n’ont pas abouti », détaille Christian Devillers. Si l’opérateur n’a donc pas encore été choisi, l’intention des aménageurs est bien que la soufflerie devienne un lieu d’animation ouvert au public et soit conservée comme un monument ou une curiosité.

C’est l’attente aussi concernant l’articulation avec le reste du site, du bâtiment Lemaresquier, officiellement destiné à accueillir la Cité administrative. « Nous avons fait notamment la recommandation de conserver un accès au quartier de part et d’autre du bâtiment. Il était aussi prévu que l’aile arrière de Lemaresquier, non historique soit démolie et reconstruite en plus haut, mais nous n’avons pas de retours à ce jour. »
Béatrice Girard

Sur la photo : Le cœur du futur quartier Guillaumet disposera de 60.000 m2 d’espaces verts. Crédits : Devillers et associés - DR.

P.S. :

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