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Publié le mercredi 27 mars 2019 à 20h00min par Martin Venzal

Valéry Masson : « Contre la chaleur en ville, toutes les solutions basées sur la végétalisation ont des avantages »

Le météorologue Valéry Masson interviendra samedi 6 avril sur les allées Jules Guesdes dans le cadre du Forum Toulouse + Verte. Il explique comment fonctionnent les îlots de chaleur urbain.

Valéry Masson, qu’est ce qui peut influencer la météo en ville ?
Il existe deux aspects qui impactent le climat urbain. Il y a la structure de la ville elle-même : quand il y a peu de vent et un temps assez clair, on se retrouve avec un îlot de chaleur urbain, avec 5 à 6 degrés d’écart entre le centre ville et l’extérieur, surtout le soir. Les températures baissent moins pendant la nuit, ce qui peut être gênant, surtout pendant les périodes de canicules, car c’est la nuit que notre corps récupère. L’autre facteur, c’est le réchauffement climatique. On sait que les températures dans la région Occitanie seront plus fortes, avec une hausse estimée entre 2 et 5 degrés selon les scénarii.

Le phénomène d’îlot de chaleur est-il récent ?
Il n’est pas lié au réchauffement climatique. Dans Bel Ami, Maupassant déjà parlait de ce phénomène et comment la verdure pouvait limiter ce phénomène. Ce qui crée l’îlot de chaleur urbain, c’est le fait que l’on a imperméabilisé les sols : béton, pierre, bitume, etc. Cela restitue la chaleur le soir, alors même qu’en journée, les rues étroites du centre-ville reste agréable.

Peut-on lutter contre ce phénomène ?
Il existe plusieurs solutions. A l’échelle individuelle, on peut déjà changer ses habitudes, en fermant ses volets le jour et en ventilant la nuit. Cela a l’air simple, mais beaucoup de néo-toulousains qui viennent du nord de la France et de l’Europe n’ont pas cette habitude. En Angleterre et en Allemagne, je vous rappelle qu’il n’y a pas de volets… A l’échelle du bâtiment, la climatisation est une solution agréable mais dans le même temps, elle contribue au phénomène d’îlot de chaleur urbain, donc il faut l’utiliser avec intelligence. Enfin, on peut agir dès la conception des bâtiments en évitant le tout vitrage, les sur-expositions, en favorisant l’isolation extérieure, etc…

Et à l’échelle de la ville ?
Toutes les solutions basées sur la végétalisation ont des avantages. On peut mettre de la végétation là où on en a enlevé. Celle-ci va pouvoir transpirer et ainsi transformer l’énergie du soleil. Mais pour cela, il faut que la végétation ait accès à un point d’eau. Les pelouses par exemple, ont peu d’impact. Les arbres de pleine terre en revanche, grâce à leurs racines, sont efficaces. Mais il faut aussi gérer la chute des feuilles à l’automne sur les espaces urbains. Une autre solution serait de mettre en place des réserves d’eau dans les quartiers, afin de profiter l’été des collectes de l’hiver. Il n’y a pas de remède miracle mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’on peut rafraîchir la ville si on arrive à multiplier les solutions.
Propos recueillis par M.V.

Sur la photo : Pour Valéry Masson, météorologue, les températures dans la région Occitanie devraient monter de 2 à 5 degrés selon les scénarii. Crédits : DR

Agenda

Forum Toulouse + Verte, les 5, 6 et 7 avril sur les allées Jules-Guesde à Toulouse. Infos et inscriptions sur le site des organisateurs.