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Publié le lundi 14 novembre 2016 à 19h04min par Audrey Sommazi

Le vin noir du Château Lagrézette retrouve son écrin à Toulouse

Après plus de deux ans de fermeture pour travaux, la boutique du Château Lagrézette rouvre ses portes rue de Metz à Toulouse. Lors de son inauguration, Alain-Dominique Perrin, le propriétaire du domaine, a annoncé vouloir accélérer l’exportation de ses vins.

« J’ai abandonné le nom Cahors, imprononçable à l’étranger, pour Malbec », lance d’emblée Alain-Dominique Perrin en toute franchise avant de concéder que l’appellation Cahors, obtenue en 1971, est inscrite au dos de la bouteille « discrètement ».

Désormais, l’homme d’affaires, qui rachète en 1980 le Château Lagrézette, à Caillac dans le Lot, réalise 35% de son chiffre d’affaires à l’export, sur 4,3 millions d’euros enregistrés en 2016. Les Chinois sont les plus gros consommateurs, suivis des Américains et des Japonais. L’actuel président du Jeu de Paume, à Paris, qui constate que les ventes de vin en France sont « difficiles », poursuit son effort à l’international.

« J’attaque sérieusement l’Angleterre en 2017. Ce marché est très compliqué car nous sommes en concurrence avec les vins australiens, moins chers. Nous cherchons à entrer dans une organisation puissante qui sera notre relais », précise-t-il, ajoutant que ce marché, dont le potentiel est estimé à 300.000 euros par an, n’est pas nouveau. Vingt-cinq tables londoniennes inscrivent Lagrézette sur leur carte des vins.

« Je suis un mec du retail »

Même si le marché français n’est pas au beau fixe, le fondateur de la fondation Cartier pour l’art contemporain ne le boude pas pour autant. Mieux il le conforte. En effet, après plus de deux ans de travaux, la boutique dans l’hyper-centre de Toulouse, vient de rouvrir ses portes. Réhabilitée et rénovée pour un investissement de moins de 100.000 euros, elle commercialise soixante-dix références, à des prix variant de 9 à 240 euros.

« Je suis un mec du retail, le commerce est toute ma vie. Et c’est une manière d’améliorer les marges ». D’ailleurs, les quatre autres boutiques du château, toutes installées dans le sud-ouest de la France, enregistrent un volume de 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Toulouse étant le cinquième écrin, un sixième est-il en prévision ? « Doucement », rétorque-t-il, avouant néanmoins que Paris est dans le viseur. « C’est la prochaine étape d’ici deux à trois ans. Je veux profiter des baux commerciaux qui ne sont pas chers ».

Le Château Lagrézette emploie quarante personnes pour exploiter 90 hectares de vignes en production sur trois terroirs (Caillac, Massaut et Rocamadour). L’entreprise table sur une production de 600.000 bouteilles cette année considérée comme « exceptionnelle ». « 2016 sera l’une des meilleures probablement, avec 2001 et 2011, en raison d’un temps sec, beau, avec 52 heures de pluie, comme à Bordeaux, qui a sauvé la vigne et la récolte », conclut Alain-Dominique Perrin.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Alain-Dominique Perrin lors de l’inauguration de la boutique à Toulouse, ce mardi 8 novembre. Crédit DR.