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Publié le dimanche 1er octobre 2017 à 19h00min par Philippe Font

Violences et interrogations autour du scrutin sur l’indépendance de la Catalogne

La journée du referendum sur l’autodétermination de la Catalogne a été marquée par de nombreuses violences policières. Alors que le président de la Generalitat se dit prêt à proclamer l’indépendance en cas de victoire du « oui », certains réclament la tenue d’un scrutin démocratique.

Le referendum d’indépendance organisé en Catalogne dimanche a été marqué par de nombreux heurts notamment à Barcelone. Alors que depuis plusieurs jours la tension était montée d’un cran autour de ce scrutin jugé illégal par le pouvoir central de Madrid, plus de 5,5 millions de citoyens catalans étaient appelés à se prononcer pour dire s’ils souhaitaient ou pas l’indépendance de la Catalogne. À plusieurs endroits, la Guardia Civil sous l’autorité du pouvoir central a utilisé la force en tirant notamment avec des balles en caoutchouc pour déloger les citoyens venus voter, faisant plus de quatre-vingt-dix blessés. Selon le service d’urgences de la Generalitat, 465 personnes se sont rendus dans des hôpitaux et centres de santé de la région afin de consulter, suite aux affrontements.

Avec beaucoup de difficultés, Laïa, professeure de musique, a réussi à voter dans l’après-midi http://www.touleco.fr/Referendum-Le.... Cette Barcelonaise et ses voisins qui n’avaient pas pu entrer dans leur bureau de vote le matin, bloqué par les forces de police, ont pu finalement y accéder avec « l’aide des bus de villes de la ville » raconte-t-elle.Et partout dans la capitale catalane ou dans les principales villes de la Province, des situations similaires se sont multipliées. S’appuyant sur un « recensement universel » mis en place par la Generalitat de Catalunya, permettant aux Catalans de voter dans n’importe quel bureau. « C’est comme cela que j’ai glissé mon bulletin dans un bureau qui n’était pas le mien », indique Mélanie Degoy-Graffula, une française possédant la double nationalité et installée à Barcelone depuis de nombreuses années.

L’indépendance sous 48 heures ?

Alors que les bureaux de vote devaient fermer à 20 heures, le président de la Generalitat Carles Puigdemont a affirmé qu’il décréterait « l’indépendance dans les 48 heures » si le « oui » l’emportait. Mais vu les conditions dans lesquelles le vote a été organisé, certains se posent la question de sa légitimité. « Je connais des gens qui voulaient voter « non » qui sont restés chez eux car ils souhaitent qu’on organise un vrai scrutin démocratique », indique Mélanie Degoy-Graffula. « Aujourd’hui la question n’est plus de savoir si les gens veulent l’indépendance ou non… Ils veulent avoir le droit de voter, comme toute nation qui réclame l’autodétermination ». Quel que soit le résultat qui sortira des urnes, cette semaine sera déterminante pour l’avenir de la Catalogne.
Philippe Font, avec Johanna Decorse

Sur la photo : Près de 73% des bureaux de vote ont pu ouvrir en Catalogne selon la Generalitat. Crédits : DR

Photo du milieu : De nombreuses violences policières ont émaillé la journée du scrutin. Crédits : DR

Selon le gouvernement de Catalogne, le « oui » à l’indépendance a remporté les suffrages avec 90% des voix alors que le taux de participation est estimé à 42,3%. Une journée de grève et de mobilisation en faveur de l’indépendance a été décrétée mardi par les principaux syndicats catalans et deux organisations indépendantistes.