ToulÉco

Publié le dimanche 2 juillet 2017 à 21h20min par Philippe Font

Week-end semé de doutes pour la LGV Toulouse-Bordeaux

Le président de la République Emmanuel Macron, puis la ministre des transports Élisabeth Borne et celui de l’environnement Nicolas Hulot ont émis ce week-end des doutes sur la réalisation de la LGV entre Toulouse et Bordeaux.

Les inaugurations des lignes TGV Bordeaux-Paris et Paris-Rennes ont-elle condamné définitivement celle qui devrait relier Bordeaux à Toulouse en 2024 ? Ce lundi 3 juillet, les élus d’Occitanie doivent sérieusement se poser la question après une fin de semaine qui a fait réagir bon nombre de politiques. La première douche froide est survenue samedi 1er juillet après les déclarations du Président Emmanuel Macron, présent pour couper le ruban de la ligne Paris-Rennes. « Le combat que je souhaite engager pour les années à venir, c’est celui des transports du quotidien ». Avant d’ajouter qu’il n’entendait pas « relancer de grands projets nouveaux mais s’engager à financer le renouvellement des infrastructures (…) ».

Et dimanche 2 juillet, les élus d’Occitanie ont continué à battre le froid et le chaud : dans le cadre de l’inauguration de l’ouverture du tronçon Bordeaux-Tours, qui permet de relier Paris à Bordeaux en 2h04, ils ont alterné entre espoir et déception après les discours d’Élisabeth Borne, ministre des transports et Nicolas Hulot en charge de l’environnement. La première a tout d’abord précisé que l’État ferait appel de la décision du tribunal administratif d’annuler la déclaration d’utilité publique (DUP) concernant l’aménagement du tronçon de douze kilomètres au sud de Bordeaux intégré dans la LGV vers Toulouse. Le tribunal a notamment pointé l’absence de solidité financière concernant l’aménagement (616 millions d’euros) qui doit permettre de fluidifier le trafic ferroviaire entre les TER et les TGV autour de la capitale girondine.

Une LGV, une dépense colossale pour l’État

« L’État est cohérent, il a porté une déclaration d’utilité publique (DUP) qui aujourd’hui a été annulée par le tribunal administratif, donc oui, il va faire appel », a lancé Élisabeth Borne. Avant de préciser cependant un peu plus tard. « Une LGV représente une dépense colossale pour l’État, pour les collectivités, pour le groupe ferroviaire ». Le coût de la ligne entre Toulouse et Bordeaux est estimé à 8,4 milliards d’euros. De son côté Nicolas Hulot, ministre de l’environnement, a apporté sa vision sur ces projets.

« Est ce que gagner une heure par ci, une heure par là nous rend plus heureux ? Il faut se poser les bonnes questions (…) », a-t-il relativisé. Des propos qui ont fait réagir Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole et partisan du TGV à Toulouse en 2024. « Il serait inouï que Toulouse soit tenue à l’écart de la grande vitesse dont sont dotées les autres grandes métropoles », a-t-il réagi sur twitter.

De son côté, Carole Delga, président de Région d’Occitanie a également commenté sur le réseau social et par voie de communiqué les déclarations du week-end. Reprenant les arguments du Président Macron, sur les nécessité de soutenir les transports collectifs du quotidien, elle a rappelé que la LGV servira également les autres villes du territoire. Et rappelé que Toulouse, « quatrième métropole de France, ne doit pas être mise à l’écart plus longtemps de la LGV (…). C’est une grande injustice nationale qui doit être réparée. Contre la fracture territoriale, je défends les 5 millions d’habitants coupés de la grande vitesse. » Sur twitter, elle a également réagit : « N’opposons pas la grande vitesse et les trains du quotidien. Les habitants d’Occitanie méritent les deux LGV ». Une LGV méritée certes, mais pas encore gagnée.
Philippe Font

Sur la photo : Un TGV entrant en gare de l’Est à Paris. Photo Wikimedia - Commons

2 Commentaires

  • Le 3 juillet à 09:16 , par Bardinet

    La liaison LGV Bordeaux Toulouse est une absurdité,selon moi, à l’heure où la Région qui s’est constituée regroupe deux pôles , Toulouse et Montpellier.
    Une liaison Toulouse-Montpellier serait bien plus pertinente, relierait deux villes dont tout le tissu administratif et associatif est en passe de fusionner, et mettrait Toulouse dans les axes Marseille , Lyon et Barcelone, autrement plus porteurs que l’axe Toulouse-Bordeaux puis plus rien.
    Par ailleurs la distance Toulouse -Narbonne-Paris est équivalente à Toulouse-Bordeaux-Paris. Aucune raison que le trajet soit plus long.

Répondre à cet article