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Montpellier et son écosystème bienveillant.

Le 11 mai à 15:17
par Pedro

Bonjour Madame Pierre

Il est un élément d’information que je ne vois pas apparaître dans vos récents articles sur Care-labs (celui-ci + l’Agglorieuse) qu’il peut être intéressant de porter ici : les doutes sur la rentabilité éventuelle de Care Labs étaient déjà émis par l’écosystème entrepreneurial montpelliérain, depuis l’automne 2015.
La validité de son business model n’avait pas été apportée et aucun chiffre d’affaires n’avait été identifié.

Vincent Daffourd son dirigeant au profil de "gendre idéal" avait rapidement été identifié comme étant : un "bullshiteur "de première catégorie.

Il est, en effet, des story-telling facilement vérifiables (mesdames et messieurs les journalistes) qui peuvent en dire long sur la réalité des intentions d’une personne.
Celui de Vincent Daffourd fût vérifié.

Vincent Daffourd déclarait souvent que son modèle de fonctionnement se basait avant tout son sur l’utilisation de son carnet d’adresses, (qu’il ouvrait peu aux autres => signe d’une volonté de ne pas être connu ou reconnu, hors la communication organisée autour de sa personne, qu’il dirigeait lui-même).

Un écosystème d’entreprises est vivant et se doit d’être bienveillant s’il veut durer.
Parfois auto-protecteur. ..
Régulièrement l’on y identifie des bonimenteurs qui tentent de l’intégrer.

Le choix laissé, dans telle situation, est double : évincer l’individu par souci de protection (très courant) ou le conserver dans une volonté de l’utiliser.
C’est ce 2e choix qui fut naturellement fait, concernant Vincent Daffourd.

Maintenant que ce dossier Care Labs est clos il est possible de tirer les conclusions suivantes :

1/ L’Equipe initiale
La petite dizaine « d’associés initiaux non actifs » de Care Labs, s’en sort assez bien.
Quelques-uns ont pu y trouver là l’opportunité d’avoir une activité rémunérée pendant 2 ou 3 ans .. Tant mieux .
Certains qui ne se sont pas trop apparentés à Vincent Daffourd n’ont pas trop entamé leur légitimité.
D’autres n’ont pas fait ce choix.

2/ Les collaborateurs ont rebondi
Et c’est bien là le plus important.
Certains sont partis tôt, d’autres ont eu le temps de se repositionner.

En ce sens, la mission de Monsieur Foret cité plus haut, n’a pas dû être des plus aisées.
Mais il a, semble-t-il, œuvré avant tout pour limiter les répercussions sociales qui auraient pu découler d’un tel dossier.
Il a réussi et doit en ce sens en être remercié.

Beaucoup de collaborateurs ont bénéficié de cette expérience pour valoriser leur parcours, monter en compétences, apprendre et accéder à des postes plus intéressants, plus rémunérateurs.
Carelabs a permis d’identifier des talents, toujours actifs sur le territoire.
Les entreprises qui ont les recruté ensuite, en obtiennent un bénéfice direct et immédiat.

3/ L’Argent (un peu trop mis au cœur du débat)
Les investisseurs cités par vos soins : IXO Private Equity, Sofilaro, Sofimac ou encore Irdri Soridec Gestion, sont bancaires, privés ou satellites institutionnels.
Il serait intéressant de connaître la réelle part d’argent public investi.

Car la partie privée n’a en elle-même que peu d’importance : en effet, le métier des ventures capitalists ou banquier est avant tout d’analyser et évaluer le risque avant d’investir à dessein.
Dans le cadre des startups ils savent par essence que 9 dossiers sur 10 n’aboutiront jamais.
Et que le 10e doit être suffisamment rentable pour couvrir les pertes de ces derniers.
Les VC sont des joueurs, cela n’est pas nouveau.
Ne pleurons pas leurs pertes, elles sont couvertes.

Mais Care Labs les a amenés à s’intéresser plus précisément au territoire montpelliérain durant cette période, multipliant leurs investissements dans d’autres projets.
Ce qui est bénéfique.
Ce qui confirme une attractivité territoriale intéressante.
Et si Care Labs y a participé directement et involontairement ? : Tant mieux.

La part publique aurait certes pu être investie dans d’autres projets, mais les montants n’auraient pas été si élevés.
Car la personnalité de Vincent Daffourd et son impact sur son ancien réseau (sic) a fortement participé à obtenir des tickets que d’autres n’auraient pas obtenu.

Et ce sont ces tickets qui ont attisé l’intérêt de la presse et médias nationaux, pour Montpellier.
Seul point sur lequel Vincent Daffourd a apporté une valeur ajoutée..
Car il a su, lors de ses quelques passages sur BFM business, attirer le regard des caméras vers cette métropole dynamique.
Ce qui est finalement normal si l’on se souvient que l’homme n’est pas un « serial entrepreneur », mais un communiquant, seulement.
Il a fait le job, sur ce seul point.

Libre à lui maintenant de reproduire (ou pas) dans notre capitale nationale.
Il a su y intégrer quelques réseaux.
Leur diligence à le découvrir conditionnera surement sa durabilité.

4/ Les médias nationaux et locaux se sont fait avoir et ont foncé tête baissée … ??
" C’est le jeu, ma bonne dame ! "
L’une des fondamentaux éthiques et professionnels du journalisme est la vérification de l’information, son suivi.
Ce n’est pas la première fois que le monde journalistique se fait berner par un communiquant.
Ces deux univers se sont toujours attirés comme des aimants, pour mieux se repousser ensuite…
Bis-repetita !

En conclusion Madame Pierre, si j’avais l’audace de reformuler votre titre :

« L’échec de Care Labs, rejaillit sur l’écosystème de la French Tech* de Montpellier »
deviendrait :
« L’échec de Care-labs, RENFORCE l’écosystème entrepreneurial montpelliérain »

* Evoquer ici la seule « French Tech » est un peu réducteur, car elle n’est qu’un élément parmi d’autres constituant l’écosystème économique montpelliérain.
Mais je comprends votre envie d’utiliser dans votre accroche, une marque actuellement à la mode :)

C’est très humain

Bien à vous

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