La jeune pousse albigeoise Hopper veut se développer au pas de course

Hopper est une jeune pousse dont le concept est né en 2019 au sein de l’IMT Mines Albi. Ses lames de course en carbone recyclé pour personnes amputées ont été distinguées lors du dernier Sportup Summit par le prix de la révélation. Victor Premaud, son directeur général, nous présente le projet.

Durant leur cursus, les étudiants de l’École nationale supérieure des Mines d’Albi-Carmaux doivent plancher en groupe durant quatre mois sur un projet entrepreneurial. Le groupe de Victor Premaud rencontre un entrepreneur amputé des deux jambes au niveau du tibia, qui leur lance un défi. Poursuivre le développement d’une idée qui lui tient très à cœur : se servir des déchets carbone d’Airbus pour créer des lames de course plus confortables et plus accessibles financièrement pour toutes les personnes amputées. Le constructeur aéronautique, qui a lancé un programme de revalorisation de ses matériaux inutilisés Airbus Reuse, est sensible à cette démarche « d’économie circulaire » et accepte de les aider.

À la fin de l’année universitaire, un premier prototype jugé « satisfaisant » voit le jour et la jeune équipe décide de poursuivre l’aventure. « Nous avons continuer à améliorer le prototype qui était quand même un peu basique. L’idée est de construire quelque chose pas uniquement destiné aux personnes sportives de haut-niveau, mais aussi à des gens qui veulent se remettre au sport. Et puis nous avons réfléchi à notre modèle économique », explique Victor Premaud.

Une industrialisation en 2022

La jeune entreprise est lancée officiellement en juin 2021. Les lames de Hopper seront vendues classiquement par l’intermédiaire des prothésistes. Pour que le projet accélère, la start-up pourrait lancer une campagne de financement participatif l’an prochain. Elle vient déjà de remporter une subvention de 2.000 euros, car elle a obtenu le mois dernier le prix Révélation du dernier Sportup Summit organisé par l’agence régionale de développement économique Ad’Occ. Durant trois jours, la société située à Albi a reçu les bons conseils « d’un représentant du fonds de soutien aux entreprises innovantes Créalia, d’un ancien triathlète et d’un entrepreneur occitan » pour notamment améliorer « leur pitch de 3 minutes et le rendre encore plus convaincant ».

Fort aussi d’autres rencontres faites à Font-Romeu avec par exemple « un ancien gagnant du Sportup Summit qui ouvre une salle de sport adapté tout près de Montpellier », Victor Premaud et son équipe se projettent avec beaucoup d’envie vers l’année prochaine. Ils espèrent, après la phase de certification, « lancer l’industrialisation » et, grâce aux premières ventes, « générer un premier chiffre d’affaires » pour Hopper. Ce qui pourrait permettre, d’ici fin 2022, des recrutements et peut-être d’accéder à des locaux plus grands. Après l’échauffement en 2021, la jeune pousse veut que 2022 soit celle de l’accélération.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Boris et Jérôme, deux personnes amputées qui ont aidé l’équipe de Hopper à élaborer leur projet. Crédit : Loïc Bailliard.// De gauche à droite : Benjamin, Hugo, Julie, Lou-Emmanuelle, Melvin, Émilie, Victor et Jérôme , les 8 porteurs du projet Hopper. Crédit : Loïc Bailliard.

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Source : https://www.touleco.fr/Article-Hoper,32425