Depuis Toulouse, Good IT se veut le porte-voix du numérique responsable

Faire du numérique un espace plus respectueux de l’environnement et attentif à son impact social. Tel est l’objectif de Good IT. Jade Vincent, Marie Bastide et Christophe Pham, ses créateurs toulousains, nous présentent leur ambitieux collectif.

Que reste-t-il de la promesse initiale du web ? Le titre du premier webinaire de Good IT donne le ton. « Le collectif pour un numérique responsable » veut en effet pousser le secteur à l’introspection. À l’heure où les Gafam [1] dominent et où les trolls pullulent, Internet est loin d’être, comme on le rêvait à ses débuts, un espace libre, gratuit et bienveillant où l’on se contente d’accéder aux connaissances du monde entier et de les partager. Good IT ne veut pas s’y résoudre et défend un modèle numérique plus social, protecteur et respectueux de l’environnement. Se jouent ainsi dans le web les mêmes débats que dans les autres sphères de la société.

« D’après la dernière étude du Shift Project, le numérique représente 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, deux fois plus que le transport aérien (2 %), et cela pourrait doubler d’ici 2025 et atteindre (dans le cadre d’un scénario sans sobriété) les émissions actuelles du transport routier, qui sont de 8 % . C’est une pollution invisible dont nous devons tous prendre conscience », explique Marie Bastide, une des trois créatrices de Good IT, qui a fondé il y a un an et demi Pollen, son agence de conseils et de formation en numérique responsable.

Durabilité et écoconception

Pour informer sur cette pollution à l’ampleur souvent insoupçonnée, Good IT veut être un véritable relais local dans le domaine, un centre de ressources à destination des entreprises, des écoles, des institutions, etc. « Il faut que chacun réfléchisse à limiter son impact. Une des solutions est de faire durer ses équipements numériques le plus possible. En les réparant au lieu de les changer, mais aussi, à titre individuel, de limiter nos usages et nos achats et renouvellement de ces mêmes équipements [2] », conseille Christophe Pham, directeur du cabinet de conseil en numérique responsable Infogreen Factory.

La troisième fondatrice de Good IT, Jade Vincent, a cofondé une agence de conseil en communication et numérique responsable nommée Rose Primaire. Elle a travaillé notamment dans l’accessibilité des sites internet aux personnes en situation de handicap et en a tiré une autre piste à suivre pour aller vers le numérique responsable : « Faire des sites plus simples et plus sobres (visant à se concentrer uniquement sur les besoins essentiels des utilisateurs, NDLR) facilitera leurs accès au plus grand nombre. Dans l’accessibilité comme pour l’éco-conception, la phase de conception (cahier des charges, UX design) est donc déterminante. »

Transformer le numérique, on le voit, requiert de multiples actions. En partageant au niveau local sa vision plus éthique et morale, « Good IT veut faire sa part », affirme Jade Vincent. Un des prochains webinaires sera consacré aux applications alternatives à celles des Gafam. Comme les producteurs locaux et bio en lutte contre la malbouffe industrielle, le collectif va se démener pour prouver que d’autres choix de consommation sont possibles.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Marie Bastide, Jade Vincent et Christophe Pham, les fondateurs du collectif Good IT pour un numérique responsable, qui compte actuellement une vingtaine de membres. Crédit : Good IT.

Notes

[1Gafam est l’acronyme des géants du web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft — qui sont les cinq grandes firmes américaines qui dominent le marché du numérique

[2L’usage personnel est la 2e cause de l’empreinte environnementale du numérique.

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Source : https://www.touleco.fr/Good-IT-les-portes-voix-du-numerique-responsable,29947