Grâce à l’IA, la musique va de l’avant avec Aibstract

Une plateforme numérique qui crée des morceaux de musique personnalisés en quelques secondes grâce à l’intelligence artificielle. Voilà ce que propose la jeune pousse albigeoise Aibstract, qui est en pleine campagne de financement participatif.

Aibstract va crescendo. La start-up dont le siège est à Albi a déjà levé plus de 20.000 euros auprès de plus de trente investisseurs sur le site de financement participatif We do Good, qui permet de récompenser les contributeurs par des royalties. La jeune pousse a jusqu’à fin décembre pour atteindre son objectif (40.000 euros au minimum et 100.000 euros au maximum) [1].

Pas besoin d’aller plus vite que la musique quand on sait qu’on a « une idée de départ prometteuse ». Jason Valax, l’homme qui donne le la chez Aibstract, nous explique de quoi il retourne : « Nous proposons sur notre plateforme une solution logicielle réalisée à base d’intelligence artificielle (IA). Les opérations se font en cloud coumputing, sur des serveurs à distances. L’objectif est de créer en quelques secondes un flux musical. Aibstract est une sorte d’auteur-compositeur-interprète virtuel. »

Il ne faudra pas être un brillant musicologue pour utiliser la plateforme, il suffira de sélectionner des critères ou de décrire par écrit ce que l’on souhaite entendre. Les équipes reflechissent en permanence au perfectionnement de l’interface. « L’IA va analyser ces demandes et créer une partition informatisée. Celle-ci va permettre de piloter des instruments virtuels qui reproduisent le son d’instruments réels », détaille Jason Valax avec passion.

« Notre but, c’est d’aller vers les besoins non-couverts par les compositeurs »

L’homme connaît la musique. Elle le fait vibrer depuis toujours. Depuis l’université, il veut que sa vie professionnelle en soit imprégnée. Son premier emploi est au marketing d’Arturia, société grenobloise spécialisée dans les instruments et les logiciels pour les musiciens. Il côtoie des développeurs, des techniciens et surtout une collègue qui fait une thèse sur le traitement des signaux pour laquelle elle utilisait des outils d’intelligence artificielle. Il y débute une réflexion qui aboutira plus tard à son projet entrepreneurial de plateforme de création musicale qui va s’adresser à plusieurs publics : grand public qui veut illustrer ses vidéos personnelles, entreprise qui veut communiquer en ligne, musiciens qui ont besoin d’enrichir leurs œuvres et créateurs de contenus sur YouTube.

Mais Aibstract ne va-t-il pas faire sonner le glas pour les compositeurs ? Le jeune PDG sait qu’on va lui opposer ce bémol. « On arrive en disant que certaines compétences qui sont le propre de l’homme vont être désormais réalisables par une intelligence artificielle. Cela crée une méfiance légitime chez certains. Mais notre but, c’est d’aller vers les besoins non-couverts par les compositeurs. Par exemple vers des entreprises qui n’avaient pas les moyens ou le temps de faire appel à eux et utilisaient des musiques libres de droits. Le compositeur sera toujours supérieur à l’IA. L’homme a une sensibilité qui lui est propre, une intention créative personnelle que n’aura jamais l’intelligence artificielle. Et puis, on a prédit à plusieurs reprises un destin funeste aux musiciens. À cause de la radio, des vinyles, du streaming, etc. Et ils se sont toujours adaptés ! », se défend longuement le dirigeant.

Lors de son lancement commercial cet automne, la start-up va proposer « des tarifs attractifs » (6 euros par mois environ pour le grand-public, 9 euros pour les créateurs de contenus, à partir de 35 euros pour les entreprises). Elle promet un rendement « de 400 % à ses investisseurs avec des royalties sur une période de 5 ans ». Si tout se déroule sans fausses notes.
Matthias Hardoy

Sur la photo de une : Lors du salon Vivatech à Paris, du 16 au 19 juin dernier, où Aibstract a fait partie de la délégation de l’agence régionale Ad’Occ.

Sur la photo de une : Lors du salon Vivatech à Paris, du 16 au 19 juin dernier, où Aibstract a fait partie de la délégation de l’agence régionale Ad’Occ. À gauche : Jason Valax, PDG d’Aibstract.
Derrière à gauche au milieu : Hugo Castaneda, ingénieur en intelligence artificielle.Devant au milieu à gauche : Manon Ruffini, ingénieure et chercheuse en intelligence artificielle.Derrière Tout à droite derrière : Alexandre Galdeano, ingénieur logiciel.Tout devant à droite : Cyril Délécraz, directeur musical.Crédit : Aibstract.

Notes

[1Aibstract a eu aussi le soutien financier de la BPI, du fonds régional Créalia et du Réseau Entreprendre.

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Source : https://www.touleco.fr/Grace-a-l-IA-la-musique-va-de-l-avant-avec-Aibstract,31968