Impact France : « Il faut favoriser les entreprises les plus vertueuses car se transformer coûte de l’argent »

article diffusé le 14 février

Impact France, le mouvement des entreprises à impact social et écologique à présenté début février son manifeste. Cette série de propositions vise à influencer les candidats à l’élection présidentielle. L’entrepreneur montpelliérain Pierre Minodier qui représente le réseau en Occitanie fait le point sur cette initiative.

Pierre Minodier, pourquoi avoir rejoint le mouvement Impact France ? Quel son but ?
De manière assez logique, car je suis un entrepreneur de l’économie sociale et solidaire. J’ai un intérêt pour toutes les initiatives qui concernent l’impact social et environnemental. Avant de m’engager dans ce mouvement, j’étais déjà dans un autre réseau, le Centre des jeunes dirigeants (CJD), dont j’ai été le président national.
Le but d’Impact France n’est pas d’apporter un conseil ou une formation spécifique aux entrepreneurs, mais de porter une vision politique de l’économie et de l’engagement social et écologique. Nous ne sommes attachés à aucun parti, car notre objectif, c’est notamment que les personnes qui vont être au pouvoir, après la présidentielle, reprennent nos propositions.

Parmi vos nombreuses propositions, il y a notamment la création du statut d’entreprise à impact. Quel est son objectif ?
C’est une suite logique de la loi Pacte, qui avait déjà permis la création d’un statut d’entreprise à mission. C’était un premier pas qui acte que les sociétés n’avaient pas qu’une mission de rentabilité économique. Les instances de gouvernance doivent assurer un suivi de ces missions. La société à impact va plus loin. Cela serait un statut avec des engagements concrets. Nous proposons pour cela la création d’un Index de l’impact social et écologique, qui fixerait des critères précis et transparents. Cela permettrait à l’entreprise de savoir où elle en est en termes de gouvernance, de politique sociale et environnementale. C’est la pierre angulaire de nos propositions.

Pour faire changer les entreprises, vous semblez davantage être pour l’incitation que pour la contrainte ?
Pas forcément. Dans nos propositions, il y a quand même de la contrainte. Nous proposons qu’il y ait un bonus-malus sur l’impôt sur les sociétés. Il faut favoriser les entreprises les plus vertueuses, qui s’engagent, car se transformer coûte de l’argent. Il faut un équilibre des armes économiques. Il faut un changement d’état d’esprit de l’administration et une réorientation de la fiscalité pour aider davantage les projets sociaux et écologiques. Le crédit impôt recherche est par exemple trop fléché sur les transformations technologiques. On pourrait aussi mettre en place une TVA réduite pour les produits les plus éco-responsables.

Où en est on le mouvement à l’échelon local ?
Nous sommes en train de grandir. Je suis l’ambassadeur du mouvement en Occitanie. Nous sommes 200 entrepreneurs sur la région. Nous nous réunissons une fois par mois à Toulouse ou Montpellier. En mars, nous organisons un débat à Montpellier et l’idée est d’inviter les personnalisés du monde économique et social à débattre de nos propositions. En juin, nous allons faire une réunion à Toulouse sur la question climatique, avec des entrepreneurs qui œuvrent déjà sur le sujet. Et puis, en fin d’année, il y a notre université de l’économie de demain régionale, qui rassemble entre 200 et 300 entrepreneurs. Elle aura lieu de nouveau à Montpellier.
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Pierre Minodier, dirigeant de l’entreprise montpelliéraine Artyzen et ambassadeur d’Impact France en Occitanie. Crédit : Gilles Piel.

Pierre Minodier en quelques lignes

Ingénieur, il travaille vingt ans dans les télécommunications avant de cofonder, avec Sandrine Minodier, Artyzen, une entreprise de nettoyage qui se revendique comme « éco-responsable ». Pierre Minodier a rejoint le Centre des jeunes dirigeants (CJD) en 2007. Il s’est rapidement engagé en tant que bénévole avant d’être élu à plusieurs mandats successifs : président de la section de Montpellier (2013-2015) puis président de la région Languedoc-Roussillon (2015-2017) et, enfin, président du CJD France (2018-2020). Il est l’ambassadeur du mouvement Impact France pour la région Occitanie depuis 2021.

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Source : https://www.touleco.fr/Pierre-Minodier-Impact-France-Il-faut-favoriser-les-entreprises,33232