Plombé par la dette, Airbus enregistre pourtant une année "sans précédent"

Airbus est dans le rouge. L’avionneur européen annonce une perte nette de 1,36 milliard d’euros en 2019, affectée notamment par des amendes de 3,6 milliards dans une affaire de corruption. Malgré cela, 2019 est une année record.

Mi-figue, mi-raisin. Guillaume Faury, président d’Airbus, a annoncé lors de sa conférence annuelle ce jeudi 13 février, que le groupe a enregistré une année record "sans précédent". En 2019, Airbus a livré 863 avions commerciaux contre 800 avions en 2018 : 48 appareils A220, 642 avions de la famille A320, 53 A330, 112 A350 et 8 gros porteurs A380. L’enseigne prévoit d’en livrer 880 en 2020. "On continue de progresser. Car on a les capacités à tenir dans la durée", a précisé le dirigeant.

Alors que son grand rival américain est plombé par l’arrêt de la production de son moyen-courrier, le 737 max, Airbus a annoncé que les livraisons de son A320 neo – l’avion concurrent de Boeing sur le segment du moyen-courrier- ont augmenté de 43 % pour s’élever à 551 appareils .
"Nous ne nous réjouissons pas et ne profitons pas de cette situation", a prévenu Guillaume Faury. "Car nous n’avons plus de créneau de livraison avant 2025."

Fort de ce résultat en 2019, l’avionneur "étudie avec ses fournisseurs la possibilité d’augmenter encore la cadence de production au-delà de soixante-trois exemplaires par mois et anticipe déjà des conditions favorables pour continuer d’accroître la cadence de production mensuelle de 1 à 2 avions", à partir de 2022.
Concernant l’A350, son seuil de rentabilité a été atteint en 2019 et Airbus prévoit de maintenir une cadence de livraison comprise entre neuf et dix avions par mois. Porté par ses bons résultats, le chiffre d’affaires s’élève à 70,5 milliards d’euros, soit une hausse de 11 % sur un an.

Turbulences financières

Malgré ces bonnes nouvelles. Airbus tangue. Le constructeur a accusé une perte nette de 1,36 milliard d’euros en 2019, causée notamment par les amendes de 3,6 milliards infligées par le Parquet national financier (PNF), le département américain de la justice (DOJ) et le britannique Serious Fraud Office (SFO) pour des faits présumés de corruption. "Nous avons payé. Ce qui nous permet de regarder vers l’avant", a souligné Guillaume Faury.

Cette transaction financière met ainsi fin aux procédures lancées contre le groupe et permet surtout à ce dernier d’éviter une condamnation en tant que personne morale, un scénario catastrophe qui l’aurait écarté des marchés publics internationaux pendant cinq ans.

L’avion de transport militaire A400M a également pesé dans cette dette avec une nouvelle charge de 1,2 milliard d’euros au quatrième trimestre 2019. La raison ? La prolongation répétée de l’interdiction d’exportation de l’Allemagne vers l’Arabie Saoudite a contraint Airbus a réévalué ses ambitions d’exportation.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Guillaume Faury, président d’Airbus. Crédits Airbus - Master films - Hervé Goussé.

Airbus, presque seul aux commandes de l’A220

Bombardier vend à l’avionneur européen et au gouvernement du Québec les 33,58% qui lui restaient encore dans le programme d’avion de ligne qu’il avait lancé sous le nom de C Series et depuis rebaptisé Airbus A220.

Airbus détient désormais 75% du capital et le gouvernement du Québec, second actionnaire, 25%. « La transaction prend effet immédiatement », assure Airbus qui compte être le seul pilote à bord, le marché des monocouloirs - de 100 à 150 sièges - représentant 70 % de la demande mondiale future d’avions. La participation du gouvernement sera « rachetée par Airbus en 2026, soit trois ans plus tard qu’initialement prévu ».

L’entreprise jusque-là contrôlée par les familles Beaudoin et Bombardier, héritières du fondateur et inventeur de la motoneige dans les années 1940, est plombée par une dette de plus de 9 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros).

Source : https://www.touleco.fr/Plombe-par-la-dette-Airbus-enregistre-pourtant-une-annee-record,28115