Régionales 2021. L’hyperactif Aurélien Pradié

Secrétaire général de son parti, le député du Lot Aurélien Pradié est la tête de liste LR pour les prochaines élections régionales. De ses débuts en politique à ses ambitions pour le territoire, portrait d’un jeune homme qui se dit passionné par son territoire.

À 35 ans, Aurélien Pradié ferait presque figure de vieux routier de la politique. Il faut dire que sa première campagne électorale, il l’a menée pour les cantonales 2008 dans le Lot. Natif de Cahors, c’est sur ses terres de Labastide-Murat qu’il affronte son ancien instituteur. Après une campagne au guidon de sa mobylette, il l’emporte dès le premier tour et devient conseiller général, à seulement 22 ans. « Peut-être que je ne m’y attendais pas moi-même », analyse-t-il avec le recul.

Son entrée en politique est en quelque sorte « une petite revanche sur la fatalité ». Victime d’un AVC, son père devient tétraplégique alors qu’il n’a que 20 ans et la politique est une échappatoire bien plus intéressante que ses études de droits, « où [il s’est] toujours emmerdé ». À cela s’ajoute « un attachement profond au territoire », assure-t-il. Son positionnement à droite de l’échiquier politique ? Aurélien Pradié l’explique simplement. « Sans la présence de Chirac quelque part, via ma famille maternelle corrézienne, je n’aurais pas cette sensibilité-là. »

Une ascension rapide

Dans un département historiquement à gauche, il est le seul élu de droite au Conseil général, où son socle intellectuel se construit dans l’opposition. « J’ai un tempérament de rebelle, lié à mon histoire personnelle. » Celui qui a fait campagne en disant qu’il n’est ni un notable ni un héritier, ne veut pas « rentrer dans le moule de cette gauche de cercle ». Aujourd’hui encore, Aurélien Pradié, qui aime aller surfer pour se vider la tête, n’accepte pas les étiquettes. Il est ainsi pour le revenu universel, favorable à l’allongement du délai légal pour l’IVG, mais réservé sur la question de la fin de vie voire libéral sur les atteintes aux libertés. « Mes valeurs de justice sociale sont des valeurs traditionnelles de la droite française, de De Gaulle à Chirac en passant par Séguin. »

Un positionnement au premier abord éloigné de celui de l’ancien président LR Laurent Wauquiez, qu’il a pourtant soutenu pour la campagne interne. « Il s’agit davantage d’une question de fidélité, d’amitié humaine. Ce qui ne m’empêche pas de dire les choses », affirme-t-il. Élu maire de Labastide-Murat en 2014, il entre au conseil régional deux ans plus tard avant d’être élu député du Lot en 2017. Un mandat lors duquel il se fait remarquer sur trois sujets, au point d’être élu député français de l’année en 2019. « Ma sensibilité aux questions de handicap, de violences domestiques ou de pauvreté est liée à mon histoire personnelle. »

Un rôle de perturbateur

Alors pourquoi se lancer dans une campagne difficile pour les régionales, alors qu’il avait trouvé sa place sur les bancs de l’Assemblée nationale ? « J’ai une passion pour mon territoire et je sais que la Région peut apporter sur mes combats », répond-il avant de poursuivre. « Je me suis toujours attaqué aux monopoles politiques, je pense que ce n’est jamais bon, qu’il faut des perturbateurs. » Le voilà donc tête de liste LR avec comme slogan « Du courage pour l’Occitanie », qui annonce la couleur. « Je déteste les girouettes, les caméléons », pointant ses adversaires Vincent Terrail-Novès, « qui refuse l’étiquette LREM » et Jean-Paul Garraud (RN), « qui ne vit même pas dans la région ». « Cela a des conséquences dramatiques pour la politique en général », regrette le Lotois, pour qui sa génération doit prendre des risques tout en faisant preuve d’authenticité. « La politique n’est pas une affaire de gestion, c’est une affaire d’indignation. »

Concernant la Région, Aurélien Pradié regrette « la fusion ratée », « avec des coûts de fonctionnement délirants et un endettement en hausse ». Sur le plan économique, il envisage la création d’un fonds souverain régional destiné à soutenir les entreprises, ouvert à trois types de contributeurs, « dont les particuliers, à la place du livret A ». Il veut faire de l’Occitanie « une région qui protège », active sur les questions de santé, de pauvreté et de chômage.

Aéronautique et environnement

Alors que la région a été fortement touchée par la crise du secteur aéronautique, Aurélien Pradié trouve les prévisions d’Airbus « étonnamment optimistes ». Il ne croit pas à une reprise rapide et pointe la nécessité d’une transformation durable avec deux défis : ne pas perdre le savoir-faire du territoire et se réinventer. « Je crois beaucoup à l’aviation militaire, source d’innovation technologique et qui est soutenue par la commande publique. » Il craint par ailleurs l’impact de « l’écologie punitive » sur la filière, soulignant « le mariage secret de Carole Delga avec les écolos ».

Sur cette question justement, il se présente comme un défenseur de l’environnement, des paysages et du patrimoine culturel. « L’écologie doit être un critère d’action », assure-t-il. Il compte sur l’innovation technologique pour diminuer l’impact environnemental. Opposé à l’éolien, il préfère l’énergie photovoltaïque et se dit favorable au nucléaire, « seule filière industrielle décarbonée ». Sur les transports, au-delà du TER ou de la LGV, « qui concernent moins de 10 % de la population », il veut redynamiser un pôle d’entreprises de travaux publics innovantes pour des routes moins polluantes. « Dans la ruralité, on n’échappe pas à la voiture. »
Paul Périé

Sur la photo : Aurélien Pradié à Toulouse pour présenter une partie de son programme. Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Regionales-2021-Aurelien-Pradie,31380