Toulouse. SmartCatch lève 3,2 millions d’euros pour son « micropiège » à cellules tumorales

La start-up toulousaine est en passe de révolutionner la capture des cellules tumorales circulantes dans le sang. Grâce à son premier tour de table de 3,2 millions d’euros, SmartCatch prévoit d’accélérer le développement de son dispositif pour une mise sur le marché en 2026.

Spin-off du CNRS créé en 2016, SmartCatch conçoit et développe des dispositifs médicaux qui permettent de capturer des cellules tumorales circulantes (CTC) dans le sang. La caractérisation de ces CTC ouvre la voie à une médecine personnalisée contre le cancer. Issue de travaux menés conjointement avec l’IUCT et le CHU de Toulouse, la medtech vient de boucler une première levée de 3,2 millions d’euros auprès de trois fonds d’investissement, Kurma Partners, Irdi Capital Investissement et M Capital.

« Ce tour de table va nous permettre d’accélérer la mise au point de notre solution phare, un dispositif miniaturisé baptisé CTC Pheresis, qui est portable au chevet du patient ou disponible dans des cabinets de consultation, et qui permet de sonder un volume important de sang. Nous allons également doubler nos effectifs à huit salariés en 2021 », explique Aline Cerf, PDG et cofondatrice de SmartCatch au côté de Bernard Malavaud, chirurgien urologue à l’IUCT, Sylvain Sanson, chirurgien urologue à l’Uropole de Montauban, et Christophe Vieu, professeur à l’Insa de Toulouse et chercheur au CNRS. Deux brevets sont en cours de dépôt.

Une innovation clé pour la médecine de précision

Le domaine de la biopsie liquide, ou recherche des biomarqueurs du cancer dans le sang, est très prometteur. Par opposition à la biopsie solide de ponction d’une tumeur, ce procédé présente l’avantage d’être non invasif. « Mais les technologies étaient jusque-là limitées à des petits volumes de sang prétraité. Or, il faut savoir que trouver une cellule tumorale dans le sang, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin car le ratio est d’une cellule cancéreuse pour un milliard de cellules normales, globules blancs, rouges, etc. », explique Aline Cerf.

Le procédé de SmartCatch utilise les caractéristiques physiques propres aux cellules tumorales, qui sont plus larges et plus rigides. Par microfiltration et sans prétraitement du sang, ces dernières sont ainsi isolées à la surface du dispositif de SmartCatch. Elles peuvent alors être comptées, pour mesurer l’efficacité d’une thérapie contre le cancer par exemple, mais aussi caractérisées au niveau moléculaire par séquençage ADN ou ARN et donner lieu à un traitement personnalisé. « Chaque cancer est propre dans son profil moléculaire. Notre procédé permet de gagner un temps précieux dans sa prise en charge et rend possible une médecine de précision. Notre objectif est de démocratiser l’accès à cette technologie dans tous les services de cancérologie hospitaliers », souligne Aline Cerf, qui anticipe une mise sur le marché du CTC Pheresis en 2026.

Une nouvelle levée de fonds en 2023

D’ici là, un tour de table supplémentaire de série A est prévu en 2023 ainsi que la création d’une filiale aux États-Unis pour accéder au marché américain. Hébergée au Centre Pierre Potier de l’Oncopole après un passage par l’incubateur Nubbo et l’IUCT, la start-up a bénéficié jusque-là d’aides de la Région Occitanie dans le cadre d’appel à projets Readynov, d’une subvention de 50.000 euros du réseau européen EIT et d’un apport de 250.000 euros en obligations convertibles d’Ocseed. Elle a aussi remporté en 2017 une bourse French Tech Emergence de Bpifrance de 45.000 euros et a été lauréate du concours IIab en 2018.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Aline Cerf, PDG de SmartCatch, est docteur en nanophysique du Laas-CNRS à Toulouse. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-SmartCatch-leve-3-2-millions-d-euros-pour-son-piege-a,31300