Subprime : Toulouse ne sera pas épargnée

par André Lehmann, depuis Zurich

Face à la tourmente, sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, déclenchée par la crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, l’Europe semble dans l’immédiat limiter les dégâts. La zone euro a bien résisté et les banques françaises devraient surmonter le choc des « subprime ».

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a estimé ne pas croire à une crise du crédit pour la France. Les établissements de l’Hexagone ont affiché des pertes biens modestes, y compris la Société Générale et son trou de près de 5 milliards d’euros laissé par le trader Jérôme Kerviel.

La première banque française Crédit Agricole a ainsi seulement déprécié 4,2 milliards d’euros depuis le début de la crise l’été dernier. Ce qui est bien peu face aux 37,4 milliards de dollars perdus par la banque suisse UBS dans le marais du subprime.

Mais la résistance apparente de l’économie européenne pourrait bien ne pas faire long feu. Alors que les analystes estiment le décalage entre l’économie américaine et européenne à quelques trimestres, le renchérissement de l’euro, le ralentissement conjoncturel aux Etats-Unis et la hausse des produits pétroliers pourrait venir rappeler aux Français que dans l’ère de la mondialisation ils ne sont pas immunisés contre un coup de froid de la première économie mondiale.

Nos voisins espagnols commencent ainsi déjà à tousser, la croissance de leur produit intérieur brut ayant fortement ralenti au premier trimestre à 0,3%, principalement en raison d’une baisse de la consommation et d’un coup d’arrêt dans l’immobilier.

En France, la croissance du PIB a été de 0,6% sur les trois premiers mois. Seule l’Allemagne, première économie de la zone euro, tient pour l’heure tête avec une croissance de 1,5%, du jamais vu depuis douze ans.

Conservateurs, les Européens et leurs banques n’ont pas vécu au-dessus de leurs moyens comme les Etats-Unis où les crédits hypothécaires pour les plus modestes se sont révélés désastreux avec le retournement du secteur immobilier.

Toulouse et son économie sont fortement dépendantes du secteur aéronautique, une activité très sensible aux effets conjoncturels. La ville rose risque de souffrir bien plus que d’autres régions françaises sur la fin de l’année et certainement en 2009, à moins que les pays émergents se révèlent être le relai de croissance tant espéré.

André Lehmann est journaliste à l’agence AFP de Zurich

Verbatim

Nos voisins espagnols commencent déjà à tousser, la croissance de leur produit intérieur brut ayant fortement ralenti au premier trimestre à 0,3%, principalement en raison d’une baisse de la consommation et d’un coup d’arrêt dans l’immobilier.

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Source : https://www.touleco.fr/Subprime-Toulouse-ne-sera-pas-151