ToulÉco

Publié le dimanche 5 mai 2019 à 18h03min par Coralie Pierre

L’échec de Care Labs rejaillit sur la French Tech de Montpellier

La liquidation de Care Labs le 6 mars 2019 a été une véritable surprise pour l’écosystème French Tech de Montpellier. Après avoir levé plus de 7,2 millions d’euros auprès de cinq fonds d’investissement, la société s’est révélée n’être finalement qu’une coquille vide.

C’est par voie de communiqué de presse que le repreneur de Care Labs, la société créée en 2014 par Vincent Daffourd, avait annoncé sa liquidation. « Pas de chiffre d’affaires, pertes cumulées de 4,7 millions d’euros, une absence de modèle économique viable et de perspectives », précisait alors le communiqué rédigé par Alain Foret, spécialiste des flux financiers qui avait repris Care Labs en mars 2018. Fortement médiatisée et soutenue par l’écosystème French Tech de Montpellier, la disparition de Care Labs a surpris.

De fait, la société était parvenue à lever 2 millions d’euros en mars 2015 et 5 millions en mars 2017 pour mettre au point le Chèque Santé, titre de prestation de santé destiné à financer les prestations non remboursées par la sécurité sociale. De nombreux effets d’annonces dans la presse semblent avoir ainsi trompé la confiance des investisseurs IXO Private Equity, Sofilaro, Sofimac ou encore Irdi Soridec Gestion.

Investisseurs frileux

Vincent Daffourd n’avait alloué à l’investissement que 63.300 euros en 2015, 148.000 euros en 2016, et 37.300 euros en 2017. Des sommes dérisoires face aux sommes décrochées auprès des actionnaires. « Ça discrédite le travail de tout le monde au sein du BIC. Les fonds d’investissement qui sont encore sollicités par des start-up de Cap Oméga auront-ils toujours confiance ? Le risque c’est que les entreprises qui ont de vrais projets, de réelles innovations, passent également pour des profiteurs », souligne un ancien salarié de Care Labs.

Le sujet dans les couloirs du BIC, pépinière de la Métropole, est encore sensible. Un ancien voisin de la société Care Labs glisse : « Nous arrivons encore à voir aboutir des levées de fonds, mais il est certain que les investisseurs redoublent de vigilance et nous demandent encore plus de garanties ». Les starts-up de Montpellier espèrent désormais que les effets de la chute de Care Labs ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir et souhaitent rappeler que la French Tech est constituée d’entreprises d’avenir à la pointe de l’innovation.
Coralie Pierre

Sur la photo : La faillite de Care Labas pourrait avoir des conséquences sur le financement à venir des start-up hébergées à Cap Omega. Crédits : DR

4 Commentaires

  • Le 7 mai à 10:41 , par Antoine

    Il y a de toute façon trop de « startups » en France et particulièrement à Montpellier.
    Beaucoup de belles TPE/PME mais qui n’ont pas leur place dans les processus d’incubation/levée de fonds. On confond souvent subvention avec chiffre d’affaires, investisseurs avec clients.

    Si cet échec peut permettre de faire du tri, tant mieux, on en a besoin :) !

    • Le 8 mai à 19:09, par benoit

      le fondateur de care labs est un escroc et a toujours été un escroc , c’est connu et beaucoup en ont fait les frais , il est sidérant qu’une enquete préalable des investisseurs n’ai pas été faite , et de plus certains ont été avertis avant mais ont investis quand même , ce monsieur sévi toujours , il jette le discrédit sur de nombreux entrepreneurs qui rament , ou pas , pour trouver des investisseurs , il faut mettre fin , sans pitié , aux agissements de ce type de voyous , et c’est facile !! sans l’aveuglement de nombreux acteurs qui recherchent avant tout ce qui brille ….!!

      Signaler ce message

      Répondre à ce message

  • Le 7 mai à 10:48 , par Thierry Mazoin

    Article écoeurant pour les vrais PME !

    Il serait donc peut-etre temps de partager les parutions et faire valoirs sur autre chose que vos fashioned start ups et consacrer un peu plus aux entreprises qui existent sous de vrais statuts d’entreprise depuis beaucoup plus d’années sans détournement de fonds.

    Que les CCI qui recensent les entreprises et les questionnent sur leurs activités les intègrent auprès de partenaires dans leur domaine de compétences pour leur donner une chance de survie, plutot que de créer à tout va des salons de start ups creux et sans avenir, oun des acronymes marketing et accrocheurs à la mode
    Bien sur, il existe de vrais start ups avec de vrais objectifs d’entreprise … mais dans quelle proportion par rapport à l’engouement médiatique ?

    Le but d’une entreprise n’est elle plus de créer de la valeur et de l’emploi ?

  • Le 11 mai à 15:17 , par Pedro

    Bonjour Madame Pierre

    Il est un élément d’information que je ne vois pas apparaître dans vos récents articles sur Care-labs (celui-ci + l’Agglorieuse) qu’il peut être intéressant de porter ici : les doutes sur la rentabilité éventuelle de Care Labs étaient déjà émis par l’écosystème entrepreneurial montpelliérain, depuis l’automne 2015.
    La validité de son business model n’avait pas été apportée et aucun chiffre d’affaires n’avait été identifié.

    Vincent Daffourd son dirigeant au profil de "gendre idéal" avait rapidement été identifié comme étant : un "bullshiteur "de première catégorie.

    Il est, en effet, des story-telling facilement vérifiables (mesdames et messieurs les journalistes) qui peuvent en dire long sur la réalité des intentions d’une personne.
    Celui de Vincent Daffourd fût vérifié.

    Vincent Daffourd déclarait souvent que son modèle de fonctionnement se basait avant tout son sur l’utilisation de son carnet d’adresses, (qu’il ouvrait peu aux autres => signe d’une volonté de ne pas être connu ou reconnu, hors la communication organisée autour de sa personne, qu’il dirigeait lui-même).

    Un écosystème d’entreprises est vivant et se doit d’être bienveillant s’il veut durer.
    Parfois auto-protecteur. ..
    Régulièrement l’on y identifie des bonimenteurs qui tentent de l’intégrer.

    Le choix laissé, dans telle situation, est double : évincer l’individu par souci de protection (très courant) ou le conserver dans une volonté de l’utiliser.
    C’est ce 2e choix qui fut naturellement fait, concernant Vincent Daffourd.

    Maintenant que ce dossier Care Labs est clos il est possible de tirer les conclusions suivantes :

    1/ L’Equipe initiale
    La petite dizaine « d’associés initiaux non actifs » de Care Labs, s’en sort assez bien.
    Quelques-uns ont pu y trouver là l’opportunité d’avoir une activité rémunérée pendant 2 ou 3 ans .. Tant mieux .
    Certains qui ne se sont pas trop apparentés à Vincent Daffourd n’ont pas trop entamé leur légitimité.
    D’autres n’ont pas fait ce choix.

    2/ Les collaborateurs ont rebondi
    Et c’est bien là le plus important.
    Certains sont partis tôt, d’autres ont eu le temps de se repositionner.

    En ce sens, la mission de Monsieur Foret cité plus haut, n’a pas dû être des plus aisées.
    Mais il a, semble-t-il, œuvré avant tout pour limiter les répercussions sociales qui auraient pu découler d’un tel dossier.
    Il a réussi et doit en ce sens en être remercié.

    Beaucoup de collaborateurs ont bénéficié de cette expérience pour valoriser leur parcours, monter en compétences, apprendre et accéder à des postes plus intéressants, plus rémunérateurs.
    Carelabs a permis d’identifier des talents, toujours actifs sur le territoire.
    Les entreprises qui ont les recruté ensuite, en obtiennent un bénéfice direct et immédiat.

    3/ L’Argent (un peu trop mis au cœur du débat)
    Les investisseurs cités par vos soins : IXO Private Equity, Sofilaro, Sofimac ou encore Irdri Soridec Gestion, sont bancaires, privés ou satellites institutionnels.
    Il serait intéressant de connaître la réelle part d’argent public investi.

    Car la partie privée n’a en elle-même que peu d’importance : en effet, le métier des ventures capitalists ou banquier est avant tout d’analyser et évaluer le risque avant d’investir à dessein.
    Dans le cadre des startups ils savent par essence que 9 dossiers sur 10 n’aboutiront jamais.
    Et que le 10e doit être suffisamment rentable pour couvrir les pertes de ces derniers.
    Les VC sont des joueurs, cela n’est pas nouveau.
    Ne pleurons pas leurs pertes, elles sont couvertes.

    Mais Care Labs les a amenés à s’intéresser plus précisément au territoire montpelliérain durant cette période, multipliant leurs investissements dans d’autres projets.
    Ce qui est bénéfique.
    Ce qui confirme une attractivité territoriale intéressante.
    Et si Care Labs y a participé directement et involontairement ? : Tant mieux.

    La part publique aurait certes pu être investie dans d’autres projets, mais les montants n’auraient pas été si élevés.
    Car la personnalité de Vincent Daffourd et son impact sur son ancien réseau (sic) a fortement participé à obtenir des tickets que d’autres n’auraient pas obtenu.

    Et ce sont ces tickets qui ont attisé l’intérêt de la presse et médias nationaux, pour Montpellier.
    Seul point sur lequel Vincent Daffourd a apporté une valeur ajoutée..
    Car il a su, lors de ses quelques passages sur BFM business, attirer le regard des caméras vers cette métropole dynamique.
    Ce qui est finalement normal si l’on se souvient que l’homme n’est pas un « serial entrepreneur », mais un communiquant, seulement.
    Il a fait le job, sur ce seul point.

    Libre à lui maintenant de reproduire (ou pas) dans notre capitale nationale.
    Il a su y intégrer quelques réseaux.
    Leur diligence à le découvrir conditionnera surement sa durabilité.

    4/ Les médias nationaux et locaux se sont fait avoir et ont foncé tête baissée … ??
    " C’est le jeu, ma bonne dame ! "
    L’une des fondamentaux éthiques et professionnels du journalisme est la vérification de l’information, son suivi.
    Ce n’est pas la première fois que le monde journalistique se fait berner par un communiquant.
    Ces deux univers se sont toujours attirés comme des aimants, pour mieux se repousser ensuite…
    Bis-repetita !

    En conclusion Madame Pierre, si j’avais l’audace de reformuler votre titre :

    « L’échec de Care Labs, rejaillit sur l’écosystème de la French Tech* de Montpellier »
    deviendrait :
    « L’échec de Care-labs, RENFORCE l’écosystème entrepreneurial montpelliérain »

    * Evoquer ici la seule « French Tech » est un peu réducteur, car elle n’est qu’un élément parmi d’autres constituant l’écosystème économique montpelliérain.
    Mais je comprends votre envie d’utiliser dans votre accroche, une marque actuellement à la mode :)

    C’est très humain

    Bien à vous

Répondre à cet article