En Occitanie, la filière aéronautique mise sous pression par la guerre au Moyen-Orient

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Les premiers effets de la hausse du cours de l’aluminium et du prix des matières premières dérivées du pétrole se font sentir chez les fournisseurs encore fragiles, six ans après le Covid-19.

Encore une nouvelle crise pour la filière aéronautique ? Après la crise provoquée par le Covid-19 en 2020, puis celle déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la guerre au Moyen-Orient commence à perturber la supply-chain. C’est que révèle la dernière enquête trimestrielle de conjoncture de l’observatoire économique de la CCI Occitanie publiée en mars 2026 : 46,2 % des industriels interrogés, sur un panel de 300 PME et TPE, estiment que le conflit est déjà visible. Pour 31,7 % d’entre eux, le conflit se manifestera dans les semaines à venir.
Chez Gaches Chimie, on fait déjà les comptes. Car entre la flambée des cours des hydrocarbures et la paralysie du détroit d’Ormuz, ce distributeur familial de produits chimiques, installé à Escalquens, est touché de plein fouet par le conflit. Dans un courrier daté du 30 mars, Caroline Gaches, la directrice de la division aéronautique, a même alerté ses clients : les coûts des matières premières (acétate d’éthyle, acétone...) et les prix des produits (peintures et vernis) fabriqués à partir de solvants dérivés du pétrole grimpent en flèche. L’entreprise familiale encaisse également la hausse des prix des emballages plastiques, jusqu’à 22 %. Pour y faire face, dans un contexte de hausse des cadences de production, elle puise dans la trésorerie et redoute de perdre une partie de la rentabilité de cette ETI familiale.

Une trentaine de sous-traitants dans une situation jugée critique

Dans le Lot, Matthieu Hede, le dirigeant de MH Industries, est frappé par la déstabilisation de la production mondiale d’aluminium à la suite des bombardements iraniens de deux sites majeurs de production. Ce matériau critique, dont il se sert dans ses deux fonderies d’aluminium, à Vayrac (Lot) et à Saint-Quentin (Aisne), pour fabriquer des boîtiers électroniques, a vu son cours subir une hausse de 25 % entre décembre 2025 et mai 2026. « J’achète à perte, soit plus cher que ce que je revends aux clients. Pour l’instant, j’absorbe ce coût car j’ai réalisé de bons résultats (60 millions d’euros de chiffre d’affaires) en 2025. Mais on nous parle de 5000 euros la tonne d’aluminium en 2026 et même d’une pénurie. »
Résultat, toujours selon la même étude de la CCI régionale, 19,9 % des dirigeants questionnés envisagent de maintenir une partie des investissement et d’en différer une autre et 14,5 % prévoient de tous les différer. « Je serai moins entreprenant », reconnaît Nicolas Pobeau, le dirigeant de Recaero, pénalisé par une hausse des prix à la pompe du kérosène.

Audrey Sommazi 

Sur la photo : Salarié travaillant sur la fabrication de pièces de rechange. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco. 

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Source : https://www.touleco.fr/En-Occitanie-la-filiere-aeronautique-touchee-par-la-guerre-au,52165