Agronomie. Vitropic a la banane et crée une filiale de recherche

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La PME héraultaise Vitropic va lancer, d’ici à la fin de l’année, sa filiale Vitropic Genetics, dédiée à la création de nouvelles variétés de bananes. Une levée de plusieurs millions d’euros se prépare également.

Créer de nouvelles variétés de bananes. C’est l’objectif de Vitropic, dans le cadre d’un programme de recherche en génétique du bananier mené par le Cirad, actionnaire majoritaire de la PME de Saint-Mathieu-de-Tréviers (Hérault), spécialisée dans la production de vitroplants de plantes tropicales en culture in vitro. Pour cela, Vitropic se dote d’une filiale de recherche, Vitropic Genetics, qui devrait voir le jour d’ici à la fin de l’année. Une levée de fonds de « plusieurs millions d’euros » est également sur le point d’être annoncée. De quoi permettre de recruter une dizaine de chercheurs pour réduire la durée de la R&D, aujourd’hui « entre 5 et 8 ans ».

Les variétés de bananes créées devront résister aux maladies et aux fortes températures, nécessiter moins d’eau et répondre aux nouveaux goûts des consommateurs : plus sucrées, plus onctueuses, sans brunir dans les salades de fruits. « Il n’y a, à ce jour, qu’une seule variété de banane dessert commercialisée, la Cavendish. C’est une hérésie agronomique, car ce fruit, le plus consommé au monde, est exposé à de nombreuses maladies, dont actuellement deux fusarioses sans solution curative », souligne Sloan Salètes, directeur général de Vitropic. Une course de vitesse est engagée avec une douzaine de concurrents dans le monde.

Spin-off du Cirad créée il y a quarante ans et devenue depuis une société commerciale, Vitropic emploie vingt-cinq salariés et a réalisé 1,9 million d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 10 %. Elle produit chaque année 7 millions de vitroplants, en France et en Côte d’Ivoire, où elle dispose d’une filiale. Ces plants de 2 à 3 centimètres, exportés par boîtes de cent, supportent jusqu’à dix jours de transport. Leur qualité sanitaire élevée permet « de réduire l’utilisation des pesticides dans les bananeraies ».

Une chercheuse colombienne aux commandes

Pour piloter Vitropic Genetics, la PME a recruté Thaura Ghneim-Herrera. Cette chercheuse sud-américaine a passé seize ans à l’université Icesi de Cali, en Colombie. Elle prend la direction de la nouvelle filiale, accompagnée par le Bic de Montpellier Méditerranée Métropole. À terme, le projet pourrait déboucher sur la création d’un nouveau site de production d’environ 1000 m². Un retour aux sources pour Vitropic, elle-même start-up à sa création, dans les années 1980. Vitropic exporte environ 95 % de sa production, notamment vers l’Afrique. Selon les estimations de la PME héraultaise, près d’une banane sur trois consommée en France vient des vitroplants de Vitropic.
Jules Mestre

Sur la photo : Les vitriolants produits par la PME héraultaise. Crédit : Vitropic.

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Source : https://www.touleco.fr/Agronomie-Vitropic-a-la-banane-et-cree-une-filiale-de-recherche,53977