En décembre 2024, le Tarn-et-Garonne est devenu le premier département d’Occitanie entièrement équipé en fibre optique. Et petit à petit, les autres territoires de la région vont suivre le mouvement. En effet, après plus de cinquante ans, le réseau cuivre, devenu obsolète avec les usages actuels, va progressivement être démantelé d’ici à 2030, signant donc l’arrêt de l’ADSL. À sa place, la fibre optique, permet une connexion très haut débit, et ce, avec une consommation d’énergie trois fois moins importante, selon une étude de l’Ademe-Arcep.
En Haute-Garonne, ce chantier est également quasiment terminé, avec un réseau de 10.000 kilomètres entièrement construit et plus de 500.000 habitants de quarante-huit communes concernés, pour un investissement public-privé de 533 millions d’euros. Lors de ses voeux, le président du Département Sébastien Vincini a même parlé de « record de France » pour les 330.000 prises installées. Sur ces missions, le bras armé du Département s’appelle Haute-Garonne Numérique. Le syndicat mixte, créé en 2016, est aujourd’hui présidé par Victor Denouvion. « En dehors de la métropole toulousaine, c’est au conseil départemental de déployer la fibre via cette agence », explique-t-il.
Une arrivée très attendue, puisque les usages du numérique se sont encore accélérés ces dernières années, notamment depuis le Covid. « Au niveau personnel, avec le streaming, les jeux vidéo en ligne, etc. En parallèle, le télétravail, la télémédecine ont aussi connu un essor », rappelle Victor Denouvion. Mais les enjeux vont bien au-delà, avec près de 16 millions de Français touchés par l’illectronisme. « Depuis quatre ans, cette poche ne se résorbe pas », explique Florent Faure, directeur de l’inclusion numérique d’Orange sur le Grand Sud-Ouest. « Une TPE sur deux n’est pas prête à la transition numérique, avec le risque de sécurité que cela pose. De plus, le manque de compétences numériques est le deuxième frein à l’emploi en France. » À ses yeux, le sujet est aujourd’hui moins l’accès au réseau que d’avoir les bons équipements. Et il est vrai que Haute-Garonne Numérique a veillé à couvrir tous les territoires. « Nous avons déployé la fibre dans des zones de montagne pour assurer l’égalité territoriale. Parce que l’on sait que la fracture numérique n’est pas qu’une question d’âge mais aussi une question territoriale. Aujourd’hui, nous sommes à 99 % du déploiement », assure son président, qui se félicite que la contribution du Département au syndicat mixte n’ait pas été rognée malgré les contraintes budgétaires.
La métropole toulousaine a fait le choix de la fibre il y a plus de vingt ans, en aménageant un réseau destiné aux entreprises et aux collectivités, et géré depuis 2013 par la Société publique locale (SPL) Zefil. C’est elle qui est chargée de déployer la politique numérique de Toulouse Métropole et on lui doit notamment l’accès à la 4G dans le métro toulousain. « Le réseau est présent sur toutes les communes de Toulouse Métropole et nous comptons plus de 1000 usagers finaux », indique Philippe Mlakar, le directeur de Zefil, qui se définit comme un opérateur d’opérateurs télécoms. « C’est en effet un réseau souverain, mais ouvert, et nos clients directs sont les opérateurs télécoms. »
Paul Périé
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Sur la photo : De gauche à droite : Président de Haute-Garonne Numérique, Victor Denouvion est également vice-président du Conseil département en charge de la Bifurcation écologique et délégué au Numérique. Philippe Mlakar est le directeur de Zefil. Florent Faure est le directeur de l’inclusion numérique d’Orange sur le Grand Sud- Ouest. Crédit : Conseil départemental 31 / Zefil /Orange.
