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Publié le jeudi 30 janvier 2020 à 18h30min par Valérie Ravinet

Toulouse. La start-up VieConnect se met au chevet de l’incontinence

La start-up toulousaine VieConnect s’attaque à la gestion de l’incontinence des seniors grâce à un capteur connecté. Elle s’appuie sur le CEA pour modéliser les profils et optimiser sa solution.

Nom de code : Secco. Sec en italien, et même « au sec » si on inverse les syllabes. C’est ainsi qu’a été nommée la solution mise au point par VieConnect, jeune entreprise innovante créée en 2017. L’idée est née aux États-Unis à partir d’échanges entre Dimitri Tintikakis, ingénieur systèmes spécialisé dans les capteurs, et le directeur d’un établissement d’accueil pour les personnes âgées : ce dernier exprimait la complexité de la gestion de l’incontinence des séniors.

Pourquoi ne pas chercher à créer des innovations technologiques au service du bien-être et de la santé, s’interroge alors Dimitri Tintikakis ? Son père, Aristide, ingénieur électronique, toulousain depuis ses études à l’Université Paul Sabatier et sa carrière chez Motorola, se lance avec lui dans l’aventure. Ensemble, les deux hommes mettent au point une solution et apportent une preuve de concept. C’est le départ du développement de la constitution d’une équipe à Toulouse, qui s’appuie pour son développement informatique sur une société grecque, pays d’origine des cofondateurs.

Technologie de rupture

La solution proposée par VieConnect est composée d’un capteur inséré à l’intérieur d’une protection absorbante, qui, lorsque cette dernière est saturée, communique l’information en temps réel sur une application mobile aux personnels qui interviennent alors au bon moment. « Les bénéfices d’usage sont nombreux », se félicite Dimitri Tintikakis. « Le premier d’entre eux est d’éviter de réveiller les personnes âgées incontinentes pour vérifier les protections lorsque ce n’est pas nécessaire ! ». Selon le dirigeant de VieConnect, 73% des personnes âgées hébergées en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) souffrent d’incontinence.

Déployée dans quinze établissements du groupe associatif Edenis auprès de 500 résidents, la solution aurait fait la preuve de son utilité et de sa pertinence : confort des séniors, prévention des problèmes cutanés, gain de temps de vingt-six minutes par jour pour les aides-soignants, optimisation des consommables… Le coût, de l’ordre de 1,10 euros par résident et par jour inclut l’achat de l’équipement, un abonnement mensuel, l’installation, la formation et le support clients.

Vers la personnalisation des profils

Pour optimiser la solution, sa performance et les possibilités de personnalisation, VieConnect a impliqué des chercheurs du CEA , qui analysent les données et assurent leur modélisation statistique, dans le cadre du projet « Repade ». « Notre solution offre de nombreuses perspectives vers une nouvelle offre de soins connectés », observe le dirigeant, convaincu de l’usage des technologies numériques pour créer de la valeur dans le secteur de la santé. Une réflexion est d’ailleurs en cours avec le Greta pour définir un projet de formation. Pour VieConnect, le cap est fixé : 100.000 résidents d’Ehpad équipés dans les cinq prochaines années, soit un chiffre d’affaires estimé à 15 millions d’euros. Et une révolution pour la gestion de l’incontinence.
Valérie Ravinet

Sur la photo : Dimitri Tintikakis, dirigeant et cofondateur de VieConnect – Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.