À Toulouse, le gouvernement présente son green deal pour le transport aérien

C’est à Toulouse que le gouvernement a présenté ce lundi 27 janvier sa stratégie en matière de biocarburants durables pour l’aviation. Les objectifs sont définis, mais les industriels pointent le problème du coût élevé des carburants alternatifs.

La trajectoire est fixée. En visite à Toulouse lundi 27 janvier au Delivery center d’Airbus, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jean-Baptiste Djebarri, son secrétaire d’État chargé des Transports, ont annoncé la création d’une filière des biocarburants durables dans le transport aérien. Avec des objectifs clairs : en 2025, 2% du kérosène sera remplacé par des biocarburants, 5% en 2030 et 50% en 2050.

"Il faut agir dès aujourd’hui pour accélérer la décarbonation du secteur", a affirmé Élisabeth Borne à Toulouse, rappelant que l’aviation représente aujourd’hui 2% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. "Et il n’est pas question qu’on se retrouve à exploiter des ressources qui contribueraient à la déforestation par exemple. Ni être en concurrence avec les usages agricoles", a prévenu la ministre. Parmi les pistes envisagées : l’utilisation des huiles usagées, des déchets végétaux et agricoles, ou encore des carburants à base d’algues.

Déjà en décembre 2017, l’État signait avec cinq industriels français (Air France, Airbus, Safran, Total et Suez Environnement) l’engagement pour la croissance verte (ECV) qui lançait la réflexion sur les biocarburants aéronautiques et leur déploiement au sein d’une filière française. Aujourd’hui, le gouvernement veut accélérer la tendance. Comment ? En invitant les acteurs privés à présenter leur projet dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt avant le 30 juin.

L’État doit compenser le manque à gagner

Néanmoins, les industriels pointent plusieurs freins au développement de cette filière. À commencer par le coût élevé des carburants alternatifs. "Il existe une différence de prix entre les carburants fossiles et bio. L’État doit compenser le manque à gagner", a insisté pour sa part Paul Mannes, directeur de l’aviation chez Total. Stéphane Cueille, le directeur R&T et innovation pour Safran, a abondé dans le même sens. "La durabilité et la viabilité économiques sont les principaux écueils de la filière." Il a alors recommandé de " mobiliser des volumes de biomasses, diversifier les sources ( hydrogène, biocarburant de synthèse), partager les efforts, la logistique et avoir un cadre réglementaire".
Audrey Sommazi

Sur la photo, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jean-Baptiste Djebarri, son secrétaire d’État chargé des Transports, prennent la pose devant le quatrième A350 livré à Air France. Crédits : Audrey Sommazi- ToulÉco.

Source : https://www.touleco.fr/Le-transport-arien-poursuit-son-green-deal,27990